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L’avenir de la lutte européenne passe (peut-être) par la Hongrie
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  #1  
Vieux Chronique de Maximo, publiée 15/09/2017, 08h56
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L’avenir de la lutte européenne passe (peut-être) par la Hongrie





Quel lien faites-vous entre la Hongrie et la lutte ?

A moins d’être quelqu’un d’hyper spécialisé, la réponse sera très largement "absolument aucun". Les connaisseurs de l’histoire de la lutte US du temps des territoires se souviendront peut-être de Sandor Szabo qui a par exemple été NWA Heavyweight Champion en 1941 et AWA Heavyweight Champion en 1945. En 2000, il a même intégré le Wrestling Observer Hall of Fame.

Sinon, la Hongrie n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler un pays de lutte et la WWE ne s’y trompe pas. La compagnie de Vince McMahon ne s’y est en effet produite qu’à une seule reprise de toute sa longue histoire, en avril 2015 à Budapest.

La donne est cependant en train de changer avec un acteur qui est en train de prendre une place importante nationalement, mais aussi au niveau du continent.






Création ex nihilo


Pour la faire courte, avant 2010, il n’y avait absolument rien qui pouvait rattacher la lutte à la Hongrie. La situation a cependant changé cette année-là avec la création de la Hungarian Championship Wrestling (HCW) à Budapest. Alors que bien souvent les feds sont lancées par des vétérans comme Flesh Gordon, Marc Mercier, Fausto Costantino en France, celle-ci a démarré suite à la volonté … de plusieurs jeunes lutteurs locaux.

Ici pas d’anciens pour diriger le tout et guider la jeunesse, le groupe de gamins a directement pris les rênes. On parle ici de Dover (18 ans), Icarus (21 ans) et Renegade (25 ans), trois inconnus complets et pas vraiment entrainés, qui ont décidé de lancer leur propre compagnie. Cagematch ne mentionne que ces trois noms mais il me semble avoir lu qu’ils étaient plus nombreux que cela au départ. Les influences des "fondateurs" sont d’ailleurs assez évidentes. Ils se sont fortement inspirés de la ECW, voire même de la CZW pour le Deathmatch. La HCW a d’ailleurs un show annuel honorant l’ultraviolence appelé "Veres November".

La ressemblance avec la CZW ne s’arrête d’ailleurs pas là. Comme elle, la HCW avait deux gros titres, un Heavyweight classique et une ceinture Deathmatch. Si la CZW s’est très vite rendue compte de son erreur en décidant de fusionner les ceintures en 2012, la HCW l’a elle maintenue jusqu’en juin 2016 avant de décider également de ne faire qu’un seul titre.

La compagnie hongroise a également pas mal galéré à ses débuts. Des rares images que j’ai pu voir de la période 2010-11, cela ressemblait quand même beaucoup à du backyard wrestling avec un public maigre, des moyens archi-limités et des lutteurs très greens effectuant des gros moves avec très peu de protection.

La fed paraissait même destinée à disparaitre vu ce qu’elle proposait avant de trouver une aide extérieure. Celle-ci s’est matérialisée sous la forme d’une entente avec la compagnie hollandaise Pro Wrestling Holland (PWH). Plusieurs lutteurs étrangers sont donc venus en Hongrie afin de relever le niveau de la HCW et également contribuer à la formation des lutteurs locaux. La HCW a ainsi pu profiter de l’expérience d’un Gabriel Angelfyre (qui remporta même le titre en Hongrie), Tengkwa, Kid Lux et Big Geert.

Bien que ce partenariat soit dorénavant terminé, cela a mis la HCW sur les bons rails et a professionnalisé la compagnie, tout en lui permettant de se constituer une bonne fanbase.






Une compagnie ouverte sur l’Europe


La HCW a pigé le truc. Si tu veux donner de l’intérêt à ton produit et éviter que les mêmes lutteurs de ta fed s’affrontent systématiquement entre eux, il faut faire venir des foreigners. La compagnie s’y attelle donc et reçoit énormément de lutteurs venus d’ailleurs. Après les lutteurs belges et néerlandais de la PWH, la fed hongroise a réussi un coup de maitre en 2012 en parvenant à faire venir à Budapest Sami Zayn/El Generico, probablement le plus gros nom à s’être déplacé.

La HCW n’a cependant pas les moyens pour financer le voyage depuis les USA d’un lutteur pour l’un de ses shows. Du coup, il faut se montrer malin et la compagnie l’est. Elle repère ainsi les lutteurs annonçant leur prochaine venue en Europe et regarde s’il est possible de convenir d’une date qui arrange tout le monde. C’est de cette manière qu’elle a réussi à booker Matt Cross/Son of Havoc en février 2016 et même à le faire revenir en avril dernier.

Depuis 2015, la HCW est d’ailleurs devenue une compagnie qu’il fait bon afficher sur son CV quand vous êtes un lutteur voulant montrer que vous arpenter les rings de bons nombres de pays d’Europe. Des wagons entiers de lutteurs étrangers ont ainsi été invités à se produire en Hongrie et pas des moindres. La plus belle prise européenne restera cependant Aleister Black /Tommy End, venu à plusieurs reprises avec et sans son habituel partenaire Michael Dante. Le néerlandais était d’ailleurs passé par Budapest à la fin de l’année dernière lors de sa tournée d’adieu au circuit européen.

Il n’est cependant pas le seul lutteur actuellement à NXT à avoir connu la vie hongroise, le nord-irlandais Killian Dain/Big Damo était également venu en début d’année 2016, échouant alors à battre Nitro (pas le mexicain) pour le titre Heavy de la compagnie. Parmi les principaux gros noms venus à la HCW, citons par exemple El Ligero (exemple même du lutteur globe-trotter), Dave Mastiff, Kenzo Richards, Dragonita ou Sara Elektra. La France a également été représentée. Outre Yan Colby qui vivait sur place et qui fut donc longuement un régulier, Jimmy Gavroche et Senza Volto sont venus défendre le drapeau bleu blanc rouge, même si cela s’est à chaque fois soldé par un échec.





Dover, Audrey Bride et Icarus



Des lutteurs mobiles


La Hongrie et plus précisément la HCW organise donc tous les mois un show avec la présence de noms européens, permettant ainsi aux lutteurs locaux de progresser et prendre de l’expérience. Le principal problème est: une fois le show passé, qu’est-ce que le lutteur hongrois fait en attendant le mois prochain ? Être en monopole dans son pays, c’est bien pour la HCW, mais pas terrible pour les talents qui n’ont alors qu’un seul booking domestique par mois. Vraiment pas terrible lorsque l’on ambitionne de progresser en cumulant les matchs.

Du coup pas le choix, le hongrois se doit d’être voyageur. C’est également là que l’on repère les plus motivés pour percer. Le premier nom à avancer est alors forcément celui d’Icarus, celui qui a d’ailleurs démarré la feud avec Gabriel Angelfyre et la fed néerlandaise de la PWH qu’il a bien évidemment fréquentée. Il est depuis devenu un globe-trotter de l’Europe en courant les bookings que ce soit en Allemagne (et notamment la wXw même si c’était pour un show en République Tchèque), Espagne, Italie, Malte, Roumanie, Belgique et Angleterre avec sa récente participation aux qualifications de la WCPW World Cup, même s’il a perdu contre Angelico. Il connait bien également la France pour s’être rendu à Marseille en septembre 2015 pour le compte de la Tiger Pro et en Bourgogne-Franche Comté pour la LNC en aout 2016.

L’autre nom hongrois à ressortir est Audrey Bride -que j’avais envoyé à la Mae Young Classic- qui est littéralement la seule lutteuse de son pays. Cela s’est finalement avéré être un gros avantage. Pour la booker, la HCW n’a ainsi pas d’autres choix que de faire venir des adversaires des autres pays européens, comme l’allemande Alpha Female. Avoir pu affronter autant de lutteuses étrangères lui a ainsi ouvert les portes d’un paquet de promotions européennes grâce au bouche à oreille venant de ses anciennes adversaires. Si le Royaume-Uni n’a pas encore fait appel à elle, Bride est devenue une habituée de la Belgique (PWA principalement) et de la France avec pour elle aussi la LNC qui semble avoir trouvé comment faire venir pour pas trop cher des hongrois dans l’est de la France.

Le plus ambitieux des lutteurs hongrois n’est cependant ni Icarus ni Audrey Bride, mais bien PG Hooker. Celui qui était au sein de la compagnie depuis les débuts et qui a tenu le titre principal pendant presque un an a décidé en 2013 d’aller tenter sa chance aux USA. Il a ainsi rejoint le Dojo de la CZW et en devenant un habitué du circuit Indy autour de Philadelphie. Ce qui est marrant, c’est qu’il utilisait un nom bien américain en Hongrie, mais a opté pour un bien de chez lui aux USA, Laszlo Arpad.






Le début d’une concurrence nationale ?


L’hégémonie de la HCW en Hongrie est potentiellement en train d’être remise en cause et la menace ne pouvait venir que de l’intérieur. L’année 2016 restera donc peut-être comme celle de la concurrence nouvelle pour la compagnie pionnière.

Une scission a ainsi lieu voyant Eddie Rage, lutteur ayant une bonne place sur la carte de la HCW, quitter pour aller fonder la Pro Wrestling Mafia (PWM). Il ne partira cependant pas seul et emmènera avec lui la "caution régulière étrangère" de la HCW à la PWM. Pour clarifier cette appellation un peu étrange, cela signifie que le Français Yan Colby et les russes Kent et Valerie qui étaient des réguliers/très fréquents de la HCW se produiront dorénavant exclusivement à la PWM en Hongrie. Colby arrêtera cependant très rapidement après sa carrière par la suite.

La plus belle prise "étrangère" de Rage sera toutefois le fait d’avoir réussi à amener le partenariat avec la PWH à la PWM. Cela a ainsi permis à la nouvelle fédération de pouvoir immédiatement compter sur des noms belges et néerlandais comme Tengwa, Young Money Chong, Dragan, Johnny Evers ou Kid Lux. A l’image de la HCW, la PWM adoptera également la stratégie de s’ouvrir aux autres pays européens. En plus des gros noms continentaux comme Jurn Simmons et Alpha Female, la PWM piochera en Italie (Queen Maya), en Israel (Mad Zenzero), en Belgique (Alec), en Suisse (Kurt Simmons) et surtout un wagon d’autrichiens frontaliers (Franz Dynamite, Igor Rachimov, Peter White, Slammerella, …).

La PWM s’est également donnée une autre mission qu’avait initialement la HCW, à savoir permettre aux talents locaux d’émerger. La compagnie pionnière avait cette idée-là au départ, mais sa volonté de propension a fait que les jeunes ont eu de moins en moins leur place au profit de lutteurs hongrois établis et de noms venant pour un soir. La PWM est donc partie sur ce créneau-là, mais peut-être à outrance. On se retrouve ainsi avec une carte comprenant 2/3 de jeunes de l’école avec Eddie Rage se réservant les beaux matchs. Pire, les derniers shows ne voyaient la présence d’aucun ou très peu d’étrangers, donnant vraiment l’impression qu’il s’agissait d’un show organisé juste après un entrainement de la fed-école. Il conviendra donc à l’avenir de suivre la PWH afin de voir si elle a abandonné toutes ambitions de devenir la fed #1 du pays ou si elle compte repartir de plus belle pour concurrencer la HCW.



*****

Après une pause estivale, les deux compagnies ont d’ailleurs trouvé le moyen de tomber en confrontation directe ce samedi en organisant chacun un show à Budapest ! Les stratégies différent à nouveau d’ailleurs. La PWM n’a annoncé que trois lutteurs, trois réguliers de la compagnie, alors que la HCW continue sa politique de faire venir des noms.

La France sera d’ailleurs à l’honneur dans le Main Event. Revenu de sa tournée californienne de cet été, Tristan Archer fera ses débuts en Hongrie. Il cherchera ainsi à remporter le titre Heavyweight de la compagnie de Nitro. Le français sera accompagné sur ce show par l’anglais Ryan Smile et les autrichiens Mexx et Chris Colen.





Vos commentaires
  #2  
Vieux 15/09/2017, 10h51
TriplA
 
Excellente chronique.
J'ignorais l'existence de ces compagnies et du catch hongrois. Ca n'a pas encore l'air d'être prêt à dètroner l'angleterre comme patrie du catch en Europe mais c'est toujours bon d'avoir de l'émulation.
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