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La drogue c'est mal. Mais ...
FN-JOURNAL: La Taverne

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Vieux Chronique de schnockelloch, publiée 07/06/2016, 20h19
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La drogue c'est mal. Mais ...


Soyons clairs dès le début, je n’ai jamais caché ici prendre des drogues. Je n’incite personne à le faire, je me retrouve confronté à ce paradoxe qui habite tout parent : même si je ne suis vraiment pas un ange sur le sujet, ça m’embêterait que mes enfants fasse comme moi. Quand dans quelques années ils iront à une soirée électro je m’inquiéterai de les voir prendre les mêmes substances que moi. C’est ridicule mais c’est comme ça. On dit bien qu’il n’y a pas plus anti-tabac que les anciens fumeurs et pourtant c’est la vérité. C’est ridicule ... Mais c’est comme ça!

Depuis des années je me suis imposé des règles. D’abord cela doit rester un plaisir. Ne jamais bosser pour cela, juste que cela soit un bonus en soirée et avoir les moyens de le faire dans un budget limité. Ensuite le faire parcimonieusement, tous les deux mois maximum et enfin, règle de sécurité élémentaire, ne jamais le faire seul. En cas de “bad trip” ou au cas où mon organisme dit “stop”, avoir des amis sur qui on peut compter pour m’accompagner dans la descente.
Je n’ai jamais transgressé ces règles.
J’ai rapidement compris une chose également mais qui ne tient plus qu’à moi, pour que la soirée se passe bien il faut que je mange avant.

La malchance que j’ai eu ces dernières années c’est que la petite fumette de base je ne supporte plus. Il y a environ trois ans, après avoir fumé un bête pétard de beuh j’ai eu l’impression que quelqu’un me pressait sur les tempes sans me lâcher. Je n’ai pas eu de soucis majeurs, je me suis allongé, j’ai bu environ deux litres d’eau pour faire sortir la molécule malfaisante et une heure plus tard tout allait bien.
Mais mes deux ou trois essais postérieurs se sont soldés par le même résultat. Je n’ai jamais été un gros “fumeur” mais la conclusion est venue d’elle-même, cette pratique est terminée pour moi. Au pire juste une petite latte en soirée quand le joint passe mais c’est tout et c’est juste pour partager avec les autres, rien d’autre.

Si j’ai essayé dans ma vie LSD, cocaïne et différentes autres substances toxiques, en gros tout sauf l’héroïne, mon pêché mignon reste la prise de E, MDMA ou comme vous voulez lors de soirée Electro.
Histoire de préciser au lecteur profane, j’entends par soirée Electro pas le concert de David Guetta en famille, pas la soirée en boite de nuit quelconque avec des post-adolescents bourrés et insipides, mais les vraies soirées electro de minuit à sept heures du matin dans un cadre spécialisé ou bien dans le cadre d’un festival.

La MDMA est un “euphorisant”. La prise de cette substance vous désinhibera mais pas forcément dans le sens sexuel du terme, vous aurez plutôt l’impression que “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil” et vous aurez une tendance à lier contact assez facilement, même si vos propos n’auront pas forcément un grand sens. La personne qui en a pris se repérera facilement à sa pupille dilatée, l’oeil sera essentiellement noir, et aura d’autres effets éventuels un peu moins désirables comme une tendance à avoir de la bave à la commissure des lèvres. C’est aussi un anesthésiant, si avant d’en prendre vous êtes malade ou endolori, cela disparaîtra mais par contre vous le paierez assez cher le lendemain quand l’effet sera parti.

Un des pièges si vous ne connaissez pas trop le produit que vous prenez est d’avoir de la MD coupée avec du Speed, ce qui atténuera l’effet euphorisant. En clair il vous faut bien connaître la composition du produit. J’ai la “chance” d’avoir un assez bon fournisseur qui me fournit de la MD pure à 90%. Mes gélules sont adaptées à mon poids, pareil pour mes amis et amies. Bref on a des gélules pour personnes de 50 à 90 kilos, une en début de soirée, et une pour “recharger” éventuellement. Cela dépend de chacun !
Les gélules se prennent généralement avant d’aller à la soirée. Le temps qu’elles arrivent dans l’estomac, que les sucs de celui-ci attaquent le plastic autour, cela prend une heure et la “montée” se fera généralement lors de votre arrivée.

Bref un soir avec ma copine on s’est trouvé une bonne soirée, on se prend les gélules dans la voiture en arrivant, on planque la deuxième. Je ne connais pas cette fille plus que cela, ce n’est que notre deuxième soirée ensemble en fait, mais je la sens bien. On peut vivre un truc ensemble. On est dans un club spécialisé de la région strasbourgeoise, le DJ qui passe est plutôt pas mal, on l’a écouté sur Youtube et on sait que tous les participants à la soirée seront sous MD, ou au moins 90% de la boite, donc l’ensemble est cohérent.

On est surpris par une averse donc on arrive somme toute assez tôt, vers minuit et on est parmi les premiers dans le club. Je me prends une bière et on se prend chacun une bouteille d’eau, qui reste l’accessoire indispensable des soirées Electro. Les gens arrivent mais il n’y a qu’une trentaine de personnes dans la boîte. Je me sens relativement tranquille et je vois que les pupilles de ma copine sont dilatées, elle a des très beaux yeux bleus à la base donc ça se voit tout de suite. Moi je sais que cela met plus de temps à se déclencher mais que cela durera plus longtemps.

Elle a 32 ans, moi 43 ans. On sait se gérer, on sait gérer la montée et la descente. J’ai longtemps cru que savoir se gérer c’était savoir s’arrêter à temps. C’est sans doute vrai mais j’ai mis beaucoup de temps à comprendre que c’était plus subtil que cela. Savoir se gérer c’est avant tout savoir quand on peut lâcher prise, totalement lâcher prise, savoir avec qui, quand et où le faire.
Elle a sa montée avant moi, elle est aussi beaucoup plus petite que moi. Elle se met à danser collée contre moi, juste contre moi, dos à moi. Ses fesses sont contre mes cuisses, je la tiens juste par la taille, passant une main contre son ventre plat. Elle pose l’arrière de sa tête contre ma poitrine. Le langage du corps est important, elle me montre donc qu’elle est prête à se lâcher contre moi, tranquillement, elle a confiance.

C’est à mon tour de faire pareil. Je suis en position pour le faire et pour me lâcher à mon tour. Elle m’a mis dans le contexte favorable pour le faire, la soirée ne peut être que magique si la MD a l’effet escompté.

Quelques minutes passent et c’est mon tour de sentir la montée. Je sens une chaleur envahir mon corps, je sens une sorte de libération venir. J’ai toujours sa tête contre ma poitrine, j’ai toujours ma main droite contre son ventre et ma main gauche libre, j’ai juste envie de sourire, je suis juste bien.
Je ne m’en rends pas compte mais je n’ai que cela en fait : son contact, la musique electro, ma main contre elle, ses fesses qui bougent contre moi, sa tête sur ma poitrine. Je serais sur un petit nuage cela serait exactement pareil.
Le temps passe ainsi, je ne sais combien de temps. Une bizarre impression de fusion en fait. Je n’ai plus de soucis, plus de travail, plus de passé, plus d’avenir, plus de parents, plus d’amis, plus de projets, plus de problèmes, plus d’ex, plus rien du tout en fait mais j’ai une impression de plénitude absolue. Je suis juste avec elle, rien d’autre et je suis très heureux. De temps en temps elle se retourne, elle me regarde, ses yeux ne sont plus bleus, ses pupilles ne sont plus vraiment dilatées mais ses yeux sont juste sublimes, son sourire est toujours aussi magnifique. On s’embrasse de temps en temps mais cela n’a pas grande importance dans le fond. Ce que l’on ressent en ce moment est cent fois plus fort que le lien d’un baiser, aussi doux soit-il.

Je perds toute notion du temps. A un moment j’ai le premier des deux souvenirs concrets qu’il me reste de cette soirée. Je sens quelqu’un me tomber littéralement dessus. Je sors de ma torpeur, c’est une jeune fille d’une vingtaine d’années, pupilles dilatées mais vraiment pas bien. Derrière elle sa copine est inquiète.
Elle n’est manifestement pas bien, ça ne passe pas pour elle. Je lui demande si ça va elle ne me répond pas, je lui propose de l’eau et elle boit environ tout le contenu de ma bouteille. Je donne la fin à sa copine, lui dit de ne pas la lâcher et que ça devrait aller d’ici une heure et lui conseille de remplir à nouveau la bouteille et de continuer à la faire boire, elle me remercie et elles s’en vont.

Et je retourne dans mon monde. Et le temps repasse. Pareil, rapide et lent, toujours sa tête contre ma poitrine, toujours ma main autour de sa taille, toujours l’électro dans la tête plus que dans le club. J’ai un peu glissé ma main sous son chemisier mais ce n’est pas dans un but érotique c’est juste pour accentuer l’effet de fusion, sentir la chaleur de son corps et de sa peau et qu’elle sente la mienne, j’ai juste la main contre sa hanche en fait, rien de plus.

Je sens l’effet s’estomper, elle aussi. On regarde l’heure, il est 5 heures. On a passé environ 4 heures ainsi. L’endroit est complétement plein, autre découverte. J’étais toujours dans l’esprit des trente personnes du début. En fait je n’ai rien vu de la soirée, juste été dans mon monde, contre elle, dans la musique sans dire grand chose, quasiment pas un mot.
Le plus amusant c’est qu’elle aussi. On a plus communiqué en quatre heures que si on s’était parlé.

Je me rappelle soudain que je n’ai plus d’eau et on décide de reprendre une bouteille. J’arrive au bar et j’ai le deuxième et dernier souvenir concret de ma soirée, un gars bien défoncé qui m’explique que le meilleur plan maintenant c’est de boire un pastis et qui s’énerve presque parce que je n’en veux pas avant de partir.
Je me tourne vers elle:
- Merci pour cette soirée, tu ne peux pas savoir combien ça m’a fait du bien et combien tu m’as fait du bien ...
- Je sais, j’ai passé un peu de temps à te regarder - je ne m’en étais pas rendu compte - et il n’y avait qu’à voir combien tu avais l’air heureux, ça m’a fait plaisir
On n’en était qu’à notre deuxième soirée ensemble et n’avions jamais ni couché ensemble ni passé une nuit ensemble. Je lui demande, tant pis, on verra bien ...
- Tu veux dormir avec moi ? J’ai pas envie de coucher avec toi, je ne sais même pas si j’en serai capable en fait. Je n’ai juste pas envie de te lâcher, juste envie de rester contre toi.
- Si tu me promets de ne pas vouloir coucher avec moi, d’accord.
J’ai tenu ma promesse...
Cette nuit là j’en avais pas envie, j’étais de toute façon dans un état de plaisir supérieur.
Le lendemain j’ai passé ma journée avec elle. On n’avait pas envie de redescendre en fait.

C’est là où le résultat est pervers.
Une bonne soirée c’est les amis, le programme que l’on fait, ce qu’il s’y passe, et une part d’irrationnel tenant compte de son état, ses envies, son humeur et des influences extérieures comme la météo ou la musique. Notons cela de 0 à 1000, de raté à génial.
La drogue ne reste qu’un catalyseur ou un multiplicateur, selon votre humeur ou la qualité de celle-ci. Ajoutons à cela un côté irrationnel tenant compte de votre état psychologique et d’éléments aussi débiles comme ce que vous avez mangé avant et qui libérera ou pas la molécule d’une certaine façon et cela vous multiplie l’indice soirée de 0 à 100.

Si comme cette soirée vous atteignez comme moi le 1000 pour la soirée multiplié par le 100 de la drogue, vous atteignez un état qui ferait passer un orgasme pour un chatouillis insignifiant.

Ce que l’on sait à 43 ans, c’est que cette soirée a été une telle réussite car j’étais avec elle et que c’était la bonne personne, au bon moment au bon endroit dans ma vie. La drogue n’était qu’un catalyseur.
J’aurais été un gamin de 18 ans qui avait par hasard atteint cet état d’extase sans trop comprendre, je n’aurais qu’une seule envie, c’est reprendre de la MD le lendemain peu importe le contexte et je n’aurais jamais atteint cet état à nouveau. Donc j’aurais réessayé la semaine d’après sans succès sans doute, et ainsi de suite ...
Et là je ne saurais pas vers où j’aurais continué à aller, mais certainement pas dans la bonne direction.



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