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La ligne de Front
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Vieux Chronique de Franco, publiée 23/08/2004, 18h20
Franco
 

La ligne de Front


Chronique originalement publiée le: 31 mai 2004

Une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh par Manu Larcenet.




Il y a des bandes dessinées que l’on lit par pur divertissement, une fois terminé on passe à autre chose. Mais il y a des bd qui nous pousses à réfléchir, à chercher, à voir plus loin, une fois la lecture terminé elles nous restent en tête, elles poussent à la réflexion au questionnement.

Quand j’ai acheté La ligne de front, une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh j’étais loin de me douter que j’avais entre les mains un trésor « bédéesque ». Cette bd de Manu Larcenet est parue il y a peu de temps chez l’éditeur Dargaud dans la collection Poisson Pilote. Je ne connais pas Larcenet, c’est la première fois que je lisais une de ces bd. Une recherche rapide sur le net m’a permis de découvrir qu’il s’agit d’un auteur apprécié qui n’en est pas à sa première ½uvre. Si j’ai acheté cette bd c’est que j’ai été frappé par la couverture. On y voit des soldats français dans une tranchée de la Première Guerre mondiale. Tout es gris, sale, froid et la peur se devine sur le visage des soldats, sauf un. On comprend rapidement que c’est Van Gogh, contrairement aux autres il ne porte pas de fusil mais des toiles et des pinceaux. Contrairement aux autres il n’est pas gris mais en couleur et il n’a pas le teint sombre des hommes qui se préparent à mourir. Cette couverture a retenue mon attention et j’ai acheté pour découvrir. Je m’attendais un à une bd humoristique et cynique, j’ai eu plus encore…


La guerre va mal pour la France, les hommes de troupe ont le moral dans les talons, plusieurs désertent. Politiciens et généraux sont inquiets de ce manque d’enthousiasme, après tout ils ont une guerre a gagné. Ils veulent comprendre mais comment le faire alors qu’ils sont si loin du front? Ils ont alors l’idée d’envoyer un peintre sur le front pour qu’il leur montre la beauté de la guerre. Au cas où vous le ne sauriez pas déjà, il y a bien eu des peintres de guerre pendant le premier conflit mondial. Le choix des hauts gradés se porte sur Vincent Van Gogh. Vous pourrez me dire que le peintre était Hollandais et qu’il est mort en 1890 mais ça n’a pas d’importance. Pas plus d’ailleurs que l’oreille qu’il s’est coupé et qu’il a « retrouvé » dans ce récit. On pardonne rapidement cet anachronisme à l’auteur en lisant la bd. On l’aurait fait même si Larcenet n’avait pas donné une explication loufoque à la présence du peintre dans cette aventure.

Le personnage de Van Gogh est un anti-héros teigneux, colérique, obsédé par son art, critique de celui des autres mais hermétique à la critique de son oeuvre. Il accepte à contre c½ur la mission qui lui est confié car c’est ça ou le peloton d’exécution. Mais il ne s’en laisse pas imposer par le général pantouflard et peureux qui est chargé de le surveiller. Le premier contact de Van Gogh avec la guerre se fait par le biais de deux déserteurs. Notre peintre doit alors se défendre car il est accusé d’être un bourgeois, il prouve plutôt qu’il est artiste. Mais il n’échappe pas à la bastonnade et c’est la qu’il voit pour la première fois une vision trouble. Les deux déserteurs se retrouvent soudainement sous les trais d’oiseaux.

Malgré cette mésaventure Van Gogh reprend la route et se retrouve à l’arrière du front. Il peint ce qu’il voit pour les généraux. Ceux-ci sont insatisfaits, ce qu’ils voient est pour eux banal et ne leur explique pas la perte de moral des hommes. Ils décident donc que leur peintre doit s’enfoncer plus loin dans les lignes pour capturer l’esprit de la guerre. Pour lui communiquer cette nouvelle, un soldat vient réveiller notre peintre qui a de nouveau une vision. L’homme est à ses yeux, pendant un instant un oiseau. Nous apprendrons bientôt de la bouche du soldat que c’est un présage de la mort… Plus il se trouve près du front, plus Van Gogh à ce genre de vision.

Van Gogh a beau peindre la guerre, les morts, les corps démembrés, ce n’est pas assez pour les généraux et politiciens assis bien confortablement derrière les lignes. Ils poussent leur témoin à s’enfoncer de plus en plus loin dans les lignes. Étrangement plus il est près de la guerre, plus le peintre est posé, calme, serein. Ce qui n’est pas le cas de son chaperon de Général. Plus il est près du combat plus il perd son enthousiasme, plus il a peur, il devient une loque, il régresse à l’enfance avant de mourir, victime désignée par la « mère des obus ».

Van Gogh rencontre alors la guerre, « la vraie » sous la forme de la « mère des obus » et de sa famille. Une vision poétique de la guerre que Van Gogh prend le soin de peindre avant de déposer les pinceaux et disparaître dans la nature. Dans un effort ultime il aura peinturé la guerre dans toute son absurdité, de façon poétique sous les traits de la « mère des obus ». Mais encore une fois les généraux et politiciens, bien loin du front, n’auront pas compris, accusant Van Gogh d’avoir sombré dans la démence ou le surréalisme, ce qui est à leur yeux la même chose.

Quand j’ai eu fini de lire cette BD, la première chose qui m’est venue à l’esprit c’est WOW! J’ai vraiment été impressionné par le travail de Larcenet tant au niveau du dessin que du texte. La bd est un mélange d’humour noir, absurde et cynique, de réflexions sur l’art, les goûts du public, l’absurdité et l’horreur de la guerre, etc. Larcenet nous fait rigoler, il nous fait réfléchir sur la guerre, l’art et il nous trouble.... Il montre par ses desseins (ou ceux du personnage peintre) l’horreur de la guerre, les gueules cassées par les balles, les hommes démembrés, la peur et la souffrance dans les yeux des morts et des vivants. Puis il nous dévoile une vision poétique, onirique, de la guerre qui ne manque pas de nous faire réfléchir sur l’absurdité (et l’inutilité) de ce vent de folie qui frappe trop souvent l’humanité. Cette bd a été marquante pour moi, rien de moins, et je ne manquerai pas d’y revenir régulièrement dans le futur. J’ai adoré et je vais fort probablement essayer l’autre aventure rocambolesque fait par Manu Larcenet, celle de Sigmud Freud. Finalement dites vous en lisant mon texte, que je suis conscient à coup sûr de ne pas avoir su vous dévoiler toute la richesse de cette bd.


Voici quelques citations de la bd question de vous donner une idée de la haute qualité des textes :

- Si l’on n’y risquait pas la mort, la guerre serait somme toute très ennuyeuse.

- Un artiste et u bourgeois c’est pareil, hein Jeannot? Ça travaille ni à l’usine ni aux champs.

- Il s’en fout le grand public du désarroi… ce qu’il lui faut c’est de la croupe rebondie et du nichon satiné…

- Y a pas de place pour les autres… Ceux qui ne veulent pas peindre des nichons…

- Soyons lucides; c’est un échec… La guerre est décidément un art trop complexe pour le laisser aux artistes.





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