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"Yo La La" ou "Dans la Peau d’un Suburbain" (Partie 1/2)
FN-JOURNAL: La Taverne

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  #1  
Vieux Chronique de Retro, publiée 16/10/2016, 10h00
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Retro Retro est déconnecté
 

"Yo La La" ou "Dans la Peau d’un Suburbain" (Partie 1/2)







Madame de Staël


A ses débuts, tout était beaucoup plus simple et funky.

Puis, se forma un mélange compliqué de hip-hop et de philosophie post-moderne tourbillonnant dans tous les sens.

Dans la banlieue, les choses peuvent vite tourner à la tragédie à cause d’une poignée de gosses croyant être invincibles, qu'ils sont les Scarface de leur propre film. L'héroïne, le recours à l'auto-médicamentation … ils mènent un style de vie dangereux pour eux et les autres.

J’ai grandi dans ce cocktail explosif.

Les miens et les autres ont beaucoup trinqué du crime au cœur du problème, H24. La solution ne résidait pas uniquement sur les jets de pierres sur les flics, sorte de défouloir facile. Contrairement aux apparences, nous aimons ce pays mais ce pays ne nous aime pas en retour.

Symboliquement, la République Française est mère de tous ses citoyens. Et comme une mère, elle devrait aimer tous ses enfants avec la même quantité d'amour, peut-être encore plus ceux qui sont fragiles, les plus faibles.

L'éducation m'a aidé à devenir plus fort. La vraie solution est dans l’éducation, pas dans le béton.

Une chose dont je suis très fier est que je suis ce sale gosse du fond de la classe. Le gosse qui s’est entendu dire qu’il ne sera jamais capable de faire des études.

Je revois encore au milieu de mes graffitis sur mes cahiers à moitié déchirés, Madame de Staël me faisait de l’œil dans ce beau livre. Elle me susurrait à l’oreille : "Prends-moi. Je suis une amie sûre et froide".





Froide comme la rue


Au pied de mon immeuble, j’aime échanger avec quelques âmes perdues de ma tess’ sous fond de Bambaata et The SugarHill Gang quand ce n’est pas du GrandMaster Flash.

Arabes, noirs africains et blancs pauvres transmettent aux générations en devenir la culture de la rue et tenaient dur comme fer au maintien des traditions qu’ils perpétuaient au travers de danses guerrières.

Les plus talentueux exécutaient des pas complexes et savants encerclés par leurs détracteurs qui les décortiquaient d’un œil acerbe jusqu’à en faire un grand carnage.

Seuls points de ralliement, les références socioculturelles inhérentes à la Street Art.

Difficile d’apprivoiser cette jungle urbaine sans empathie féroce. Pour mieux l’appréhender, il ne faut faire qu’un avec cette violence, fruit de dizaines d'années de négligence à l’égard de ces Oubliés de la République, faire partie du Code.

Les fragments osseux liés à cette fracture sont apparus trente ans plus tôt.

Trente années où le hip-hop s’est révélé être le creuset, le point d'entrée principal de la culture urbaine dans la vie du ghetto à la française.

Cette partie de la population française se rapportait immédiatement à une philosophie musicale américaine née dans un environnement urbain semblable, en y fournissant un sol culturel riche et fertile à cultiver.






Le divorce est consommé


On est loin des radiocassettes et des cartons disposés sur le trottoir ayant fondamentalement disparu du paysage urbain français. Cependant, l’industrie de la musique flaire un bon coup à jouer - Ils n'aiment pas les fils d'immigrés, mais ils aiment l'Arab money. A un certain niveau, l'argent n'a pas de couleur, Kery James – et promeut des musiciens labélisés français, des DJ et MC pour délivrer la marchandise.

L'offre et de la demande étant ce qu'elle est, le hip hop et le smurf ont connu une croissance exponentielle de production, à la fois ensemble et séparément.

Tandis que des appels à l’unité agrémentent la scène du hip-hop français, cliques, clans, écoles et attitudes moralisatrices composent la réalité de l’existence de la plus divisée des scènes musicales !

Tel ou tel DJ se targuant de représenter le hip-hop seulement pour être joué sur le dancefloor mais jugé par ses pairs : "Ce mec-là n’est pas hip-hop mais plutôt house ou jungle. MOI je suis hip-hop !"

Officiellement, deux catégories très distinctes : d’un côté le rap pour les puristes avec chants, beats lourds et généralement autour d’un message et de l’autre un son plus rond, psyché et sexy, plus proche du trip hop et de la scène britannique.

Après des années de titres Dancefloor, Gangsta Rap, textes violents, trafics de de 9mm, gros calibres et filles de joie, les Britanniques sont de nouveau venus sauver les meubles à l’aide du posse de Sheffield, Portishead, Massive Attack, Tricky - Made in Bristol - et d’autres afin de redéfinir le genre en montrant qu'il était possible au hip-hop traditionnel et moderne de se nourrir mutuellement d'une virtuosité mise au service du rythme et du groove en prenant une direction moins dansante.

De ce fait, un nombre croissant de mélomanes et audiophiles inspirés ont posés les jalons sur le dancefloor. Le trip hop était né et les DJ français comme beaucoup d’autres auparavant, ont validé le concept.

Suivant cette nouvelle dynamique, le son d’un bon DJ se décompose comme suit : une bonne instru’ avec des voix éparses dans le mix, des beats sur du scratching et des samples parsemés tout le long.

Kid Loco, DJ Cam, DJ Seeq, DIMITRI from Paris et Jimmy Jay (davantage patron de maison de disques et producteur que l'homme de l'ombre derrière MC Solaar bien avant que ce dernier n’eût été séduit par le chant des sirènes de Polygram) sont de la partie, du moins jusqu’à 1998 … tournant du hip-hop français.







Fin de la première partie.

Dernière modification par Retro ; 16/10/2016 à 10h58.



Vos commentaires
  #2  
Vieux 16/10/2016, 10h28
TriplA
 
Pas mal, bien écrit, tu sais de quoi tu parles.
Bref, vivement la suite.
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  #3  
Vieux 16/10/2016, 10h40
schnockelloch
 
Superbe chronique, tu sais de quoi tu parles effectivement ...
Je n'irai pas voir Kery James à la Laiterie. Ce n'était pas prévu anyway ...

Sinon une petite correction, Massive Attack, Tricky & Co, ils sont de Bristol

Mais chronique excellente.
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  #4  
Vieux 16/10/2016, 10h56
Retro
 
Citation:
Envoyé par schnockelloch Voir le message
Superbe chronique, tu sais de quoi tu parles effectivement ...
Je n'irai pas voir Kery James à la Laiterie. Ce n'était pas prévu anyway ...

Sinon une petite correction, Massive Attack, Tricky & Co, ils sont de Bristol

Mais chronique excellente.
Ah, ma tournure syntaxique prête à confusion ? Je rectifie, Danke sch.

Satisfait de ton retour d'expert en chroniques, ça me fait chaud au cœur.

Sinon, perso ... Kery auto-proclamé le poète noir qui ne tire pas à blanc ... je respecte son oeuvre mais j'irais plutôt me divertir grâce à un Booba ou n'importe quelle jeune loup à encourager pourvu que l'ambiance ne ressemble pas à un souk.

Dernière modification par Retro ; 16/10/2016 à 11h37.
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  #5  
Vieux 16/10/2016, 11h03
Retro
 
Citation:
Envoyé par TriplA Voir le message
Pas mal, bien écrit, tu sais de quoi tu parles.
Bref, vivement la suite.
Cimer, gros. Pour le soutien inconditionnel d'un fin mélomane et ami.

Never forget d'où je viens et c'est pour les Francofrérots et les frérots à qui je dédicace cette première chronique ever.


Big up au 66 et les jeunes du tiéquar d'où je viens. On va faire beaucoup pour vous, d'une manière ou d'une autre, on ne vous lâchera pas. Et n'oubliez jamais que le savoir est une arme.

Dernière modification par Retro ; 16/10/2016 à 11h09.
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  #6  
Vieux 16/10/2016, 11h33
Carcajou2
 
Mon Retro qui fait une chronique. En plus elle est bien écrite, intéressante et enrichissante. Bref une chronique comme on les aime.

Maintenant relançons le débat, peux-tu développer ta pensée concernant Kery James, je m'explique :

Mis à part son dernier album que j'ai trouvé plutôt décevant à mon goût, j'apprécie globalement la qualité de son oeuvre. Sa victimisation permanente commence cependant à me lasser même s'il a pour qualité de bien savoir manier le verbe.

Sur "Musique nègre" dont est tiré une partie de ta phrase à son sujet, j'ai apprécié le concept du clip mais pour moi ça reste une tempête dans un verre d'eau car l'auteur de la phrase en question reste un illustre inconnu sorti du fin fond du placard.

Je pense que cela résumé globalement mon ressenti par rapport à cet artiste.

Ensuite, personnellement j'ai beaucoup de mal avec les productions actuelles, je me sens plus en phase avec les prods d'IAM, NTM, Scylla, Sinik, Redk, Lino, Sniper, Keny Arkana, Médine, Explicit Samouraï ou autre Jazzy Bazz...

Bien que je prenne en considération les différences entre générations, comment te positionnes-tu par rapport à la prod actuelle, sachant que l'on trouve évidemment encore de tout mais que la trap et autre ego trip squatte les premières places.

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  #7  
Vieux 16/10/2016, 12h37
Retro
 
Reprezent HuBullet FranKlub 4 ever.



Trois points soulevés donc trois opinions hyper-subjectifs, mon cher Francopain de mon Francoeur que je Frankiffe.


On pense à croire que Kery gère. Son pognon, le verbe (et soit-disant le Glock). L'un dans l'autre et réciproquement. Moi, ce que je suppose c'est qu'à l'image des illustres groupes porteurs du flambeau Old School avec lesquels tu es plus en phase, Kery est resté immuable, voire figé dans le marbre.

Je n'ai que respect pour leurs "pierres à l'édifice" mais en tant que puriste du son au détriment des textes, je ne peux qu'affirmer que la majorité de leurs œuvres ont mal vieilli. Je ne t'apprends rien jusqu'ici.

On sait tous les deux que le son est en mouvement perpétuel ... dans quel sens ? En allant de l'avant, certes... mais ... vers le ciel ou sous-terre ? C'est à la libre appréciation de chacun.

Tu accordes aux textes bien plus de valeur que je ne pourrai le faire de toute ma vie de mélomane amateur. Pour moi, ce ne sont qu'une matière s'implémentant en ne faisant qu'un à l'instrumentation. Encore plus vrai lorsqu'il s'agit de textes chantés dans une langue étrangère, tout naturellement.

Kery essaie de coller à l'ère brute du rap en y imposant son univers, imbriqué à l'arrache. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, il stationne parmi ses pairs dans une bulle quand ces derniers, coulés dans le béton rendent au hip-hop français ses lettres de Noblesse non pas par le simple fait de le faire perdurer.

Ces jeunes loups aux dents longues mordent la Langue Française jusqu'aux sangs. En la noyant dans le sang. En la singeant dans l'excès.

Je suis à fond où les choses se passent, surtout quand la musique est bonne, quand elle ne triche pas (JC Goldmann, si tu nous lis). Il faut leur donner un coup de pouce pour réajuster le tir à balle réelle et que le message n'atteint pas la cible, je te l'accorde.

Juste une question annexe pour continuer à faire avancer le Schmilblick, si tu n'y vois aucun inconvénient : ne t'est-il jamais arrivé de "snobber" une génération entière de musiciens trustant ondes et bacs imposés à une période précise pour y retourner après la prise de recul nécessaire ?
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  #8  
Vieux 16/10/2016, 13h02
Carcajou2
 
Si ça m'est arrivé pour la scène metal en particulier. Le Hellfest 2015 m'a permis de découvrir / redécouvrir ce qui se faisait en ce moment, et cela a été comme une bouffée d'air frais dans mes playlists.

Je me suis aperçu que mes références ont pour la plupart arrêté la production de nouveaux sons.
Enfin par nouveaux sons je suis toujours torturé entre le fait de vouloir écouter le même style de prod et je n'aime pas trop que mes artistes changent radicalement leur façon de créer.

Alors que paradoxalement c'est ce que veut la voie de la création artistique,et si on pousse le bouchon plus loin, on stagnera à écouter toujours sensiblement la même chose tournée différemment.

J'ai toujours l'impression qu'on produit de moins en moins de classiques pour s'orienter vers la production jetable. J'en veux pour preuve ces satanés commentaires de youtube "Si toi aussi tu écoutes toujours ça en 2016 leul c'est toute mon enfansse" alors que la chanson est sortie fin 2014. Suis pas sûr de revenir un jour sur JUL ou PNL en me disant, finalement, c'était pas trop mal. "La fin de leur monde", "All along the watchtower" Oui par contre.

La production de classique s'effrite-t-elle? Au fond c'est difficile de juger, j'ai eu le temps de connaître l'ascension de Muse jusqu'à plus pouvoir en piffrer, Rammstein-groupe-confidentiel, Rammstein-superstar et Rammstein-j'ai-pas-sorti-de-nouveaux-trucs depuis 2009, de voir les Guns se reformer, tout comme Led Zep ou Pink Floyd, de voir des Judas Priest de plus de 60 ans sur scène.

Mais finalement on a toujours des petits nouveaux pour réinventer la chose, et c'est ce qui fait la beauté de la musique. La quête perpétuelle de la mélodie qui tue et un texte pas trop con si possible.

Jetable ou pas Les black eyed peas d'un côté, Muse de l'autre. Je pense que je ne suis pas du tout attiré par la trap en tant que concept, mais pour bien me contredire je ne demande qu'une chose, qu'on fasse vivre cette culture et que par conséquent, on la réinvente.
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  #9  
Vieux 11/01/2018, 06h41
Retro
 
Citation:
Envoyé par Carcajou2 Voir le message
Si ça m'est arrivé pour la scène metal en particulier. Le Hellfest 2015 m'a permis de découvrir / redécouvrir ce qui se faisait en ce moment, et cela a été comme une bouffée d'air frais dans mes playlists.

Je me suis aperçu que mes références ont pour la plupart arrêté la production de nouveaux sons.
Enfin par nouveaux sons je suis toujours torturé entre le fait de vouloir écouter le même style de prod et je n'aime pas trop que mes artistes changent radicalement leur façon de créer.

Alors que paradoxalement c'est ce que veut la voie de la création artistique,et si on pousse le bouchon plus loin, on stagnera à écouter toujours sensiblement la même chose tournée différemment.

J'ai toujours l'impression qu'on produit de moins en moins de classiques pour s'orienter vers la production jetable. J'en veux pour preuve ces satanés commentaires de youtube "Si toi aussi tu écoutes toujours ça en 2016 leul c'est toute mon enfansse" alors que la chanson est sortie fin 2014. Suis pas sûr de revenir un jour sur JUL ou PNL en me disant, finalement, c'était pas trop mal. "La fin de leur monde", "All along the watchtower" Oui par contre.

La production de classique s'effrite-t-elle? Au fond c'est difficile de juger, j'ai eu le temps de connaître l'ascension de Muse jusqu'à plus pouvoir en piffrer, Rammstein-groupe-confidentiel, Rammstein-superstar et Rammstein-j'ai-pas-sorti-de-nouveaux-trucs depuis 2009, de voir les Guns se reformer, tout comme Led Zep ou Pink Floyd, de voir des Judas Priest de plus de 60 ans sur scène.

Mais finalement on a toujours des petits nouveaux pour réinventer la chose, et c'est ce qui fait la beauté de la musique. La quête perpétuelle de la mélodie qui tue et un texte pas trop con si possible.

Jetable ou pas Les black eyed peas d'un côté, Muse de l'autre. Je pense que je ne suis pas du tout attiré par la trap en tant que concept, mais pour bien me contredire je ne demande qu'une chose, qu'on fasse vivre cette culture et que par conséquent, on la réinvente.
Post chronique.

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