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Jacob
03/10/2005, 07h45
STOCKHOLM (AP) - La médecine ouvre lundi le défilé des prix Nobel, qui culminera à la fin de la semaine avec l'annonce du ou des lauréats du Nobel de la paix, toujours sujet à nombre de spéculations. Parmi les pressentis, reviennent cette année les noms des chanteurs Bono et Bob Geldof, l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari ou l'armée du Salut.

Honneur aux scientifiques: après la médecine suivront la physique mardi et la chimie mercredi. Le Nobel d'économie sera lui décerné le 11 octobre. La littérature est soumise à un traitement spécial, puisque la date de l'annonce, régulièrement un jeudi, n'est traditionnement connue que deux jours avant. Tous les prix sont annoncés à Stockholm, excepté le Nobel de la Paix, depuis Oslo vendredi 7 octobre.

Evidemment, les pronostics vont bon train. Si les spéculations sur les lauréats de physique, chimie ou médecine, quittent rarement le cercle des milieux scientifiques, tout érudit qui se respecte se doit d'afficher une intuition pour le Nobel de littérature et tout le monde ou presque est un expert pour ce qui est du Nobel de la paix. «Le Nobel de la paix est la remise de prix la plus difficile du monde à déchiffrer», estime Mark Wordwood qui aide à fixer les cotes des paris sur les prix Nobel pour le bookmaker australien Centrebet.

De fait, le nom du ou des lauréats est l'un des secrets les mieux gardés du monde. Les cinq membres du comité Nobel refusent même de confirmer qui a été sélectionné. Ils ont seulement précisé qu'un nombre record de 119 noms soumis au comité avait été enregistré cette année, parmi lesquels 36 organisations.

Sans fuites, sans indices, sans finalistes, il faut jouer aux devinettes. Le Nobel de la paix 2004, la Kenyane Wangari Maathai, secrétaire d'Etat à l'environnement dans son pays, n'avait guère été citée dans les pronostics l'an dernier.

Cette année, l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, médiateur dans l'accord de paix entre les rebelles d'Aceh et le gouvernement indonésien est cité parmi les favoris, mais reviennent aussi les noms des chanteurs Bono du groupe irlandais U2, et Bob Geldolf, qui militent pour l'effacement de la dette des pays du tiers-monde et la lutte contre la pauvreté.

Beaucoup pensent que le comité pourrait choisir de marquer le 60e anniversaire des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki en récompensant ceux qui militent pour la nonprolifération des armes nucléaires. Le sénateur américain Richard Lugar et l'ancien sénateur Sam Nunn sont ainsi évoqués pour leur programme Cooperative Threat Reduction, une campagne en faveur du démantèlement de l'ancien arsenal nucléaire soviétique.

Pour le Nobel de littérature, nombre de poètes figurent dans la liste des bookmakers, comme le Syrien Adonis, le Coréen Ko Un ou le Suédois Tomas Transtromer. Le dernier Nobel récompensant une oeuvre exclusivement poétique remonte à 1996 avec la Polonaise Wislawa Szymborska. Au cours des dix dernières années, les Nobel ont couronné neuf fois des écrivains européens et certains pensent que le prix 2005 pourrait venir d'ailleurs, avec les Américains Joyce Carol Oates ou Philip Roth ou encore le Péruvien Mario Vargas Llosa.

Les prix seront décernés le 10 décembre, date anniversaire de la mort de l'industriel suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, en 1896.

Bon, c'est parti.

Le site officiel (http://nobelprize.org/)

Jacob
03/10/2005, 07h48
Le prix Nobel de médecine 2005 récompense deux chercheurs australiens, Barry Marshall et Robin Warren, pour leurs recherches en gastro-entérologie.

Selon le jury Nobel de l'Institut Karolinska de Stockholm, les deux lauréats sont à l'origine en 1982 de "la remarquable et inattendue découverte" de la bactérie Helicobacter pylori.

Celle-ci est à l'origine des inflammations connues sous le nom de gastrites et d'ulcères stomacaux ou intestinaux, souligne le jury.

La bactérie est à l'origine de plus de 90% des ulcères duodénaux et de près de 80% des ulcères gastriques.

Les deux tiers de la population mondiale environ sont infectés de la bactérie H pylori mais la plupart des sujets n'en montrent pas les symptômes.

La bactérie prédispose au cancer de l'estomac, la seconde cause de mortalité par cancer.

"Grâce à la découverte pionnière de Marshall et Warren, la maladie ulcéreuse peptique n'est plus un état chronique fréquemment incapacitant mais un mal qui peut être soigné avec un régime court d'antibiotiques et d'inhibiteurs de sécrétions acides."

Avant cette découverte, le stress et le mode de vie étaient considérés comme des facteurs à l'origine des ulcères peptiques.

Warren est né en 1937 à Adelaïde et Marshall en 1951 à Kalgoorlie. Ils se partagent les 10 millions de couronnes du prix, soit près de 130 millions de dollars.


Voila, à défaut d'avoir un remède contre le SIDA, vous saurez désormais que vos ulcères ne sont pas dus au stress.

http://img-actu.x-echo.com/Images/mmd--francais--journal_internet--medecine/SGE.NRB63.041005064006.photo00.photo.default-384x255.jpg

El Bruto
04/10/2005, 00h41
Je croix que nul n'est surpris de la nomination du chanteur de U2! Le vieux ce magasine son prix Nobel depuis des lunes! Il cache son jeu aussi bien Bernard Landry qui crit haut et fort sa jouissance d'un Québec libre et souvrain!

Étrangement, je n'ai jamais entendu dire qu'il sortait fréquemment son livret de chèques et ces multiples zéros pour faire offrande aux pauvres Africains!

Jacob
04/10/2005, 06h12
Il ne faudrait pas perdre de vue qu'il n'y a pas que les Africains qui ont besoin d'aide.

Jacob
04/10/2005, 06h24
Prix nobel de physique :

Le prix Nobel 2005 de physique est décerné pour moitié à l'Américain Roy Glauber, pour ses travaux sur la théorie quantique de la cohérence optique, et pour l'autre moitié à l'Américain John Hall et à l'Allemand Theodor Hänsch pour leur contribution à la mise au point de la spectroscopie de précision.

Roy Glauber, âgé de 80 ans et diplômé de l'université d'Harvard, a été récompensé pour "sa description théorique du comportement des particules de lumière", explique l'Académie royale des Sciences de Suède dans son communiqué.

Glauber fut à l'origine de l'optique quantique en 1963, rappelle l'Académie.
"Il a pu expliquer les différences fondamentales entre les sources de lumière chaudes comme les ampoules, dont les fréquences et les phases sont mêlées, et les lasers qui ont une fréquence et une phase spécifiques."

Il recevra la moitié du prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,29 million de dollars) assorti au prix Nobel.

Pour leur part, John Hall et Theodor Hänsch, qui se partageront cinq millions de couronnes, sont salués pour "leurs contributions à la mise au point de la spectroscopie de précision à base de laser, notamment la technique de recherche à balayage optique".

"HEUREUX ET SANS VOIX"

Leurs travaux, précise le communiqué, ont permis des progrès dans "la détermination de la couleur de la lumière des atomes et des molécules avec une extrême précision".

"Les contributions importantes de John Hall et Theodor Hänsch ont permis de mesurer les fréquences avec une précision de quinze chiffres.

"Cette technique permet de mener des études sur, par exemple, la stabilité des constantes de la nature (...) et de développer des horloges extrêmement précises ou d'améliorer la technologie GPS (système de positionnement par satellite)", poursuit le communiqué.

Hänsch a déclaré à Reuters qu'il était "heureux et sans voix" d'avoir été récompensé par le prix Nobel. Ses travaux, a-t-il ajouté, pourraient trouver une application concrète dans "la télévision holographique en 3 dimensions".

Theodor Hänsch, né en 1941 à Heidelberg en Allemagne, est directeur de recherches à l'Institut Max Planck d'optique quantique de Munich.

John Hall, né en 1934, travaille au JILA, un centre de recherche en physique de l'Université du Colorado et du National Institute of Standards and Technology (NIST).

tiré de lexpress.fr

Ca, c'est Hänsch :
http://img-actu.x-echo.com/Images/mmd--francais--journal_internet--sci/SGE.NTL26.041005113524.photo00.photo.default-277x384.jpg

Glauber :
http://www.optics.rochester.edu/~stroud/conference/images/GlauberHistory.jpg

Et Hall :
http://physics.nist.gov/TechAct/Awards/janHall.jpg

Franco
04/10/2005, 09h00
Je croix que nul n'est surpris de la nomination du chanteur de U2! Le vieux ce magasine son prix Nobel depuis des lunes! Il cache son jeu aussi bien Bernard Landry qui crit haut et fort sa jouissance d'un Québec libre et souvrain!

Étrangement, je n'ai jamais entendu dire qu'il sortait fréquemment son livret de chèques et ces multiples zéros pour faire offrande aux pauvres Africains!

C'est amusant à te lire j'ai l'impression de lire quelqu'un qui a été escorté gentiment hors du site.

Enfin, ce qui est bien avec toi c'est que je n'ai plus a écouter Choi fm le matin puisque tu ne sais que répéter ce qu'il dise. Félicitation pour ton indépendance d'esprit.

Jacob
05/10/2005, 07h36
Le prix Nobel de chimie 2005 a été attribué mercredi au Français Yves Chauvin et aux Américains Robert H. Grubbs et Richard R. Schrock pour leurs travaux sur la métathèse en synthèse organique qui ouvrent "des possibilités fantastiques" pour la fabrication de médicaments.

"Les prix Nobel de chimie de l'année ont développé la métathèse pour en faire l'une des réactions les plus utiles en chimie organique", a précisé l'académie royale suédoise des sciences.

"Leurs travaux ont ouvert des possibilités fantastiques pour, entre autres, la fabrication de médicaments. La création de nouvelles molécules n'est bientôt plus limitée que par notre imagination!", a souligné l'académie.

Yves Chauvin, né en 1930, directeur de recherche honoraire à l'Institut Français du Pétrole (IFP) de Rueil Malmaison (Hauts-de-Seine), est le huitième scientifique français à être récompensé par le Nobel de chimie. Les premiers furent Henri Moissan en 1906 et Marie Curie en 1911.

La métathèse est, selon la définition élégante qu'en donne l'académie suédoise, "une danse avec changement de partenaire". Elle est couramment utilisée dans l’industrie chimique, surtout dans la production de médicaments et de matériaux plastiques élaborés.

"Les substances organiques contiennent du carbone élémentaire. Les atomes de carbone peuvent former de longues chaînes ou des anneaux, se combiner à d’autres éléments tels que l’hydrogène et l’oxygène, former des liaisons doubles, etc. Toute vie sur terre est basée sur de tels composés carboniques mais on peut également les créer artificiellement, ce qu’on appelle synthèse organique", explique l'académie.


"Métathèse signifie changer de place. Dans les réactions métathèse, les liaisons doubles entre les atomes sont rompues et recomposées d’une façon qui provoque le changement de place de groupes d’atomes", poursuit l'académie.

"On obtient ce réarrangement grâce à l’action de molécules catalytiques spécifiques qui permettent la réaction sans subir de modification chimique. Ainsi, la métathèse est un peu comme une danse au cours de laquelle on changerait de partenaire", selon le communiqué explicatif.

C’est en 1971 qu'Yves Chauvin a réussi à expliquer en détail le fonctionnement des réactions. Dans la phase suivante, les chercheurs s’efforcèrent d’appliquer la "recette" pour développer, dans la limite du possible, les catalyseurs.

Richard Schrock, né en 1942, professeur en chimie au Massachusetts Institute of Technology (MIT), fut, en 1990, le premier chercheur à "produire un composé métalloïde jouant un rôle efficace de catalyseur dans les métathèses".

Deux ans plus tard, Robert Grubbs, professeur au California Institute of Technology, a mis au point un catalyseur encore plus performant, stable dans l’air et qui s’est donc révélé d’une grande utilité pratique.

Les trois scientifiques se partageront un tiers chacun du prix, doté de 10 millions de couronnes suédoises (1,1 million d'euros). Le prix leur sera remis le 10 décembre, date anniversaire de la mort en 1896 de l'inventeur de la dynamite et industriel suédois Alfred Nobel lors d'une cérémonie à Stockholm suivie d'un dîner de gala en présence de la famille royale de Suède.

Le prix Nobel de chimie 2004 avait été attribué aux Israéliens Aaron Ciechanover et Avram Hershko et à l'Américain Irwin Rose pour leurs travaux sur la dégradation des protéines.

Le dernier Nobel de chimie décerné à un Français remonte à 1987 pour Jean-Marie Lehn (avec les Américains Donald J. Cram et Charles J. Pedersen), auparavant c'était en 1935 avec Frédéric Joliot et Irène Joliot-Curie. Marie Curie l'avait obtenu en 1911.


Yves Chauvin
http://www.academie-sciences.fr/Images/Membres/PhotoCV/Chauvin_Yves.JPG

Robert Grubbs
http://www.cce.caltech.edu/graphics/faculty/grubbs.jpg

Richard Schrock
http://web.mit.edu/rrs/www/images/RRS_new

schnockelloch
05/10/2005, 09h16
J'ai d'abord lu qu'il s'appellait Schnock le lauréat

En tout cas la FRANCE en a un. Ce ne sont pas les Québecois ou Belges qui pourront la ramener maintenant

Franco
05/10/2005, 09h20
Chauvin il est Français, ça c'est certain, pas besoin de vérifier...


Schnock, dommage qu'il n'y ait pas de nobel pour les avocats.

schnockelloch
05/10/2005, 09h28
Jamais je ne devancerais Me Guy

Jacob
05/10/2005, 10h22
C'est normal que les français aient plus de chance d'en avoir que nous. Vous êtes un peu 20 millions de plus que nous.

Sinon, moi aussi j'ai d'abord lu schnock lol

schnockelloch
06/10/2005, 09h15
Les anti-Nobel couronnent les esprits scientifiques les plus loufoques

NEW YORK (AFP) - L'importance de l'étude scientifique sur "le plumage des poulets pour mesurer la vitesse des tornades" serait hélas passée inaperçue sans les anti-Nobel, décernés ce jeudi comme chaque année à Harvard lors d'une décision où la dérision est reine.

Sans la volonté de Marc Abrahams fondateur des anti-Nobel, les recherches scientifiques les plus loufoques tomberaient chaque année dans les oubliettes de l'histoire. Créées en 1991, ces récompenses qui couronnent des travaux "ne pouvant ou ne devant pas être reproduits" sont l'occasion de rassembler dans la prestigieuse université d'Harvard un parterre de scientifiques qui se distinguent les uns des autres par leurs esprits farfelus.

Les gagnants de l'anti-Nobel ont ainsi été récompensés pour avoir conduit des études sur l'impact de la musique country sur le suicide, l'utilisation des aimants pour faire léviter les grenouilles et l'effet de la bière, de l'ail et de la crème fraîche sur l'appétit des sangsues.

Le discours du cru 2005 sera prononcé par le lauréat 2003 en biologie Kees Moeliker, qui doit son prix à son étude --unique-- repertoriant le premier cas de nécrophilie homosexuelle sur les canards colverts.

Abrahams a créé ces anti-Nobel (Ig-Nobel pour ignobles) avec l'objectif "d'abord de vous faire rire et ensuite de vous faire réfléchir". "Certains ont fait des choses vraiment incroyables", explique-t-il.

Il y a aussi un Ig-Nobel de la paix. L'an dernier il a été décerné à Daisuke Inoue, le japonais créateur du karaoké, récompensé pour "avoir inventé une nouvelle manière d'apprendre aux gens à se tolérer les uns les autres".

Le comité de sélection -un groupe qui oeuvre dans l'ombre- doit faire son choix, selon Abrahams, parmi quelque 5.000 projets. Les gagnants sont alors discrètement contactés avant la cérémonie pour leur laisser la possibilité de décliner cette offre. Mais en fait ils sont peu nombreux à résister à cette récompense et sont même beaucoup à venir recevoir leur prix en personne et à leurs propres frais.

Les discours des récipiendaires sont limités à une minute et s'ils dépassent le temps imparti, un jeune maîtresse de cérémonie s'approche de l'orateur et lui glisse : "S'il vous plait, arrêtez, je m'ennuie". "Simple, mais croyez-moi ça marche", souligne Abrahams.

L'ambiance de la cérémonie est enfantine: les participants lancent pendant le discours de leurs collègues des cocottes en papier.

La liste des études gagnantes est un florilège de loufoquerie : les docteurs James Nolan, Thomas Stillwell et John Sands ont ainsi partagé en 1993 leur prix en médecine pour leur étude incomparable sur une question angoissante: "Le traitement adapté du pénis coincé dans une fermeture éclair".

Et le docteur Mara Sidoli de Washington a été récompensée avec un anti-Nobel de littérature en 1998 pour son essai inédit: "Péter pour se protéger contre une horreur innommable".

Je m'étonne qu'aucun Strasbourgeois n'ait encore remporté un prix de ce genre.
Mais donner l' "Anti-Nobel" de la paix à l'inventeur du karaoke, c'est une idée grandiose

Jacob
06/10/2005, 09h34
Tu me devances, je voulais le poster aussi, il m'a bien fait marrer lol

Jacob
07/10/2005, 06h41
Le prix Nobel de la paix 2005 a été attribué vendredi à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et à son chef, Mohamed ElBaradei, pour leur travail contre la prolifération des armes nucléaires, 60 ans après le bombardement atomique d'Hiroshima.L'événement

L'agence de l'Onu spécialisée dans la promotion de l'énergie nucléaire civile et son directeur général égyptien sont récompensés "pour leurs efforts visant à empêcher que l'énergie nucléaire soit utilisée à des fins militaires", a dit Ole Danbolt Mjoes, le président du comité Nobel, en motivant le choix opéré parmi les 199 candidats en lice cette année.

"A une époque où la menace des armes nucléaires s'accroît une fois encore, le comité Nobel norvégien souhaite souligner le fait que cette menace doit être traitée via une coopération internationale la plus large possible", a précisé M. Danbolt Mjoes.

La distinction de l'AIEA et de M. ElBaradei intervient alors que la communauté internationale peine à convaincre l'Iran et la Corée du Nord de renoncer à leurs programmes nucléaires.

Elle coïncide aussi avec le 60e anniversaire du largage par l'US Air Force de deux bombes atomiques, "Little Boy" et "Fat Man", sur les villes japonaises d'Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

Ce faisant, le comité Nobel perpétue une tradition non-écrite depuis 20 ans qui consiste à récompenser des organisations ou des individus opposés à l'arme nucléaire lors de chaque grand anniversaire des premiers --et uniques à cette heure-- bombardements atomiques de l'Histoire, qui avaient fait plus de 210.000 morts sur le coup.


En 1995, le prix était allé au mouvement anti-nucléaire Pugwash et à son fondateur Joseph Rotblat et, en 1985, à l'Internationale des médecins contre la guerre nucléaire.

"Le fait que le monde ait très peu progressé en la matière rend une opposition active à l'arme nucléaire encore plus importante aujourd'hui", a précisé M. Danbolt Mjoes.

Fondée en 1957 et basée à Vienne, l'AIEA a joué un rôle majeur dans les mois précédant l'intervention militaire américano-britannique contre l'Irak de Saddam Hussein en 2003. Au grand dam des Etats-Unis convaincus du contraire, l'organisation estimait alors que l'Irak ne disposait pas d'armes de destruction massive, un jugement désormais généralement admis comme correct.

"L'indépendance et l'impartialité continueront de guider mon travail", a déclaré M. ElBaradei le mois dernier, en prêtant serment lors du renouvellement de son mandat.

"Les défis auxquels nous devons faire face ne peuvent être relevés que par une approche collective", a ajouté l'Egyptien de 63 ans.

Outre des négociations délicates avec l'Iran et la Corée du Nord, les mois passés ont vu l'échec d'une conférence sur la revitalisation du traité de non-prolifération (TNP) en mai et l'incapacité de la communauté internationale à s'entendre sur ce sujet lors du sommet de l'Onu en septembre.

Le Nobel de la paix --une médaille d'or, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,1 million d'euros)-- leur sera remis le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, le philanthrope et industriel suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite.


Et voila, pauvre Bono lol

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schnockelloch
10/10/2005, 05h33
Les Ig Nobel, ou comment la dérision fait progresser la science

WASHINGTON (Reuters) - L'inventeur des testicules artificiels pour chiens, les auteurs nigérians d'arnaques sur internet et l'équipe de scientifiques ayant calculé la pression exercée par les pingouins lorsqu'ils défèquent figurent parmi les lauréats des prix Ig Nobel 2005.

La liste de ces prix scientifiques, décernés par le magazine humoristique et scientifique Annals of Improbable Research (Les annales de la recherche improbable), a été présentée jeudi à l'université de Cambridge, dans le Massachusetts, lors d'une cérémonie au cours de laquelle les gagnants devaient expliquer en une minute leurs travaux.

Si certaines récompenses ne suscitent que l'amusement, d'autres visent à lancer le débat au sein de la communauté scientifique, explique Marc Abrahams, éditeur des Annals of Improbable Research.

"Cela fait maintenant quinze ans que les récompenses des Igs font d'abord rire les gens avant de les pousser à réfléchir", dit Abrahams dans un communiqué.

Des prix Ig Nobel ont d'ailleurs été décernés à de vrais lauréats du prix Nobel, tels Dudley Herschbach (1986, Chimie), William Lipscomb (1976, Chimie), Robert Wilson (1978, Physique) ou Sheldon Glashow (1979, Physique).

Au nombre des primés cette année figurent dans la catégorie "Médecine", Gregg Miller d'Oak Grove, dans le Missouri, pour son invention des "Neuticles", des testicules artificiels pour chiens.

"Les Neuticles permettent à votre animal de compagnie de garder son allure naturelle, sa fierté et l'aide à dépasser le traumatisme associé à la castration (neutering). Avec les Neuticles, c'est comme si rien n'avait changé!", explique Miller sur son site web (http://www.neuticles.com).

Le prix "Littérature" a été décerné à des Nigérians "pour avoir imaginé et diffusé par e-mail une série d'histoires épatantes, qui ont permis à de nombreux lecteurs de rencontrer une brochette de gens riches, comme le général Sani Abacha, Mme Mariam Sanni Abacha, l'avocat Jon A. Mbeki". Ces entourloupes sont connues et consistent à demander à des gens de leur communiquer leurs coordonnées bancaires dans le but d'aider des personnes fictives à transférer de grosses sommes d'argent.

Le prix "Dynamique des fluides", a été décerné à Victor Benno Meyer-Rochow, de l'université internationale de Brême, en Allemagne, et de l'université finlandaise d'Oulu, ainsi qu'à Jozsef Gal, de l'université hongroise de Lorond Eotvos, pour leur étude de la "Pression produite par les pingouins lorsqu'ils défèquent - Calculs de la défécation aviaire", publiée en 2003 dans le journal Polar Biology.

Quant à l'Ig Nobel d'"Economie", il a été attribué à Gauri Nanda, du Massachusetts Institute of Technology, pour avoir inventé le réveil-matin qui s'enfuit pour se cacher lorsqu'il sonne.

On rigole , on rigole !
Mais des gens a priori tout à fait sensés ont laissé leur coordonnées bancaires au général Abacha !

sinon


Le très recherché Ig Nobel de la paix a été décerné à deux Britanniques de l'université de Newcastle pour leur "étude sur l'activité cérébrale d'une sauterelle regardant des extraits de Star Wars" et le prix de biologie est revenu à un groupe de chercheurs pour leur étude exhaustive sur les odeurs dégagées par 131 différentes espèces de grenouilles en situation de stress.

Si l'activité de la sauterelle est transférable à l'homme, regarder Star Wars évite donc de penser et favorise la paix dans le monde

schnockelloch
10/10/2005, 10h05
Le Nobel d'économie à deux Américains qui ont aidé à comprendre les conflits

STOCKHOLM (AFP) - Le prix Nobel d'économie 2005 a été attribué lundi à Stockholm à l'Américain Thomas Schelling et à l'Israélo-américain Robert Aumann pour "avoir amélioré notre compréhension des conflits et de la coopération au moyen de la théorie des jeux".

Les deux économistes ont ainsi aidé "à expliquer les conflits économiques tels que les guerres des prix et les guerres commerciales, ainsi que les raisons pour lesquelles certaines communautés ont plus de succès que d'autres dans la gestion de ressources communes", a expliqué l'académie royale suédoise des sciences dans un communiqué.

"Leur travail a transformé les sciences sociales bien au-delà des frontières de l'économie" et leur recherche "continue de modeler le débat sur la formation des institutions sociales", a indiqué le jury Nobel.

Au cours de la Guerre Froide, Thomas Schelling, 84 ans, a utilisé les méthodes de la théorie des jeux pour expliquer des questions vitales comme la sécurité globale ou la course aux armements, selon le communiqué.

Travaillant sur les idées de Schelling, Robert Aumann, 75 ans, né à Francfort, en Allemagne, de nationalité américaine et israélienne, a utilisé l'analyse mathématique pour souligner les différentes alternatives dont disposait un pays contre un ennemi pendant les périodes de conflit.

La théorie des jeux est considéré comme ayant été amorcée dans des textes datant de la fin des années 40.

"Dans une interaction humaine, un seul individu peut rarement déterminer ce qui va arriver, chacun peut d'une certaine façon influencer le résultat", explique le jury Nobel.

"Par exemple, si quelqu'un, dans une relation à deux parties, peut choisir entre deux actions possibles et que l'autre partie dispose de trois options, il y a un total de deux multiplié par trois soit six dénouements possibles", poursuit-il.

"Les deux parties ont généralement différentes évaluations de ces résultats et agissent sur la base de l'alternative qu'elles croient que l'autre va choisir", explique le jury.

Une conséquence des recherches des deux économistes est que "le concept de rationalité a maintenant une interprétation plus large". "Le comportement qui était considéré comme irrationnel est devenu compréhensible et rationnel", selon le jury.

"Leur travail", conclut-il, "a contribué de façon significative à réduire le fossé entre l'économie et les autres sciences sociales et du comportement".

Le prix Nobel d'économie 2004 avait été attribué à Finn E. Kydland (Norvège) et à Edward C. Prescott (USA) pour leur contribution à la théorie de la macroéconomie dynamique.

Ils avaient souligné l'importance des anticipations des ménages, des entreprises et des marchés pour les politiques économiques.

Le prix Nobel d'économie est le seul des six prix qui n'ait pas été prévu par l'inventeur et industriel suédois Alfred Nobel dans son testament de 1895. Il a été créé en 1968 par la banque centrale de Suède, pour lui rendre hommage.

Comme les autres prix (paix, littérature, médecine, chimie, physique) il est doté de 10 millions de couronnes suédoises (1,1 million d'euros) et sera remis lors d'une cérémonie le 10 décembre, date anniversaire de la mort de Nobel.

Voila ! Voila !
Je n'ai pas tout compris

Jacob
10/10/2005, 12h03
Le prix Nobel d'économie 2005 a été décerné lundi à l'Américain Thomas Schelling, 84 ans, et à l'Israélo-américain Robert Aumann, 75 ans, pour leur théorie de « décision interactive », qui permet une meilleure compréhension des conflits et de la coopération dans le commerce et les affaires.

À la fois une extension et une amélioration de la « théorie des jeux », leurs travaux ont aidé à expliquer les conflits économiques, tels que les guerres des prix, ainsi que le succès de certaines communautés plus que d'autres dans la gestion de ressources communes.

La « théorie des jeux » est née dans les textes datant de la fin des années 1940 et s'intéresse aux comportements stratégiques et aux interactions dans des structures incitatives.

Durant la guerre froide opposant les blocs capitaliste et communiste, Thomas Schelling s'est basé sur cette théorie pour expliquer des questions vitales comme la sécurité mondiale ou la course aux armements. De son côté, Robert Aumann a utilisé l'analyse mathématique pour souligner les différentes options dont dispose un État contre un ennemi pendant les périodes de conflit.

Leurs études ont « transformé les sciences sociales bien au-delà des frontières de l'économie » et continuent de « modeler le débat sur la formation des institutions sociales », a indiqué l'académie royale suédoise des sciences.

Thomas Schelling est professeur à l'Université du Maryland et enseigne à titre de professeur émérite à Harvard. Né en Allemagne mais possédant la nationalité américaine et israélienne, Robert Aumann est pour sa part professeur au Centre pour la rationalité à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Comme pour les six autres prix, Schelling et Aumann se partagent une récompense de 1,53 million de dollars.

Le prix Nobel d'économie 2004 avait été attribué au Norvégien Finn E. Kydland à l'Américain à Edward C. Prescott pour leur contribution à la théorie de la macroéconomie dynamique.

Le prix Nobel d'économie est le seul qui n'a pas été créé par l'inventeur et industriel suédois Alfred Nobel dans son testament de 1895. Il a été lancé en 1968 par la Banque centrale de Suède pour lui rendre hommage.

Heureusement que nous sommes là pour éviter à l'actualité intellectuelle un sombre oubli.

Glandu
11/10/2005, 14h26
Pour ce qui est du Nobel de littérature.

Je doute fort que l'Académie récompense cette année un poète. Les oeuvres poétiques n'ont généralement pas la cote auprès du grand public. L'objectif de l'Académie Nobel n'est certes pas d'assurer la diffusion des oeuvres de qualité au Grand public, mais il ne faut pas nier que les décisions du jury ont souvent été dictées, outre par des critères esthétiques (et par les goûts personnels des membres du jury, tous des critiques littéraires donc par définition incapables -- moi le premier -- de faire fi de leurs coups de coeur), par des considérations socio-politiques. Nobel croyait que la littérature avait un rôle à jouer dans les bouleversements sociaux. Pour cette raison, jamais un écrivain politiquement controversé ne se méritera le Prix Nobel. D'un point de vue qualitatif, et si on se fie à plusieurs critères mis de l'avant par l'Académie, Céline aurait pu l'avoir, mais ça lui était impossible par ses positions politiques. Borges a failli l'avoir jusqu'à ce qu'à son soudain rapprochement avec Pinochet. Aussi, les périodes où on attribue à des poètes le Nobel de littérature sont généralement des épisodes de relative accalmie sur le plan de la politique internationale. Autrement, le roman et plus rarement le théâtre (le dernier je crois était Daro Fo) deviennent les genres de prédilection.

Donc, le prix étant de toute évidence incliné à gauche depuis plusieurs années, je crois que le jury portera son choix vers un écrivain américain, d'autant plus qu'ils doivent racheter le ratage de l'année dernière en choisissant un écrivain déjà vastement consacré dans le champ littéraire. Elfriede Jelinek était un choix pathétique, vraiment contestable. Il s'agit d'une auteure mineure, inintéressante dont la bibliographie ne fait pas office d'oeuvre complète, figée, vaste et innovatrice mais ressemble plutôt à un ensemble flou, disparate, mal foutu et incohérent, sans parler du manque flagrant d'innovation formelle. Pour se rattraper, le jury choisira probablement un nom mjeur, ce qui porte à croire que l'un des deux noms évoqués ces temps-ci, Philip Roth ou Joyce Carol Oates, sera le lauréat 2005.

Ma prédiction: Roth. Ma préférence: Joyce Carol Oates.

Quelques autres noms ont aussi été évoqués et qui ne sont pas à négliger, surtout en sachant que l'Académie aime bien créer un effet de surprise et déjouer les attentes.

- Margaret Atwood: Je doute quelle gagne, mais j'en serais heureux. Jamais un Canadien n'a remporté le Prix Nobel de littérature et si je souhaite que cela se produise ce n'est pas par chauvinisme, mais bien parce que cela permettrait de porter l'attention un peu plus sur la scène littéraire canadienne, qui enfante de plus en plus de grandes œuvres. Elle est désormais mieux positionnée et de plus grande qualité que plusieurs grandes littératures aujourd'hui sur le déclin (je pense à la France, qui n'est pas prête de revoir un de ses écrivains couronné par le Nobel, à moins qu'il ne s'agisse, comme Gao Xingjian, d'un écrivain migrant. ). Atwood est une grande écrivaine et mériterait le prix. Pourquoi ne l'aura-t-elle probablement pas? Il ne se passe aucun bouleversement au Canada, désormais terre des avant-gardes sociales.

- Mario Vargas Llosa: Il pourrait gagner. Son oeuvre est de qualité et c'est un écrivain bien ancré dans sa société et son époque. Selon moi, il ne sera pas le lauréat de cette année simplement parce que le choix de le récompenser serait entouré de polémique et de contestations, comme chaque fois que le Nobel a voulu récompenser un écrivain dont les oeuvres sont empreintes de cynisme et d'ironie (retour entre autres, à Dari Fo).

- Ryszard Kapuściński: Son nom a été évoqué. Kapuściński est un écrivain polonais, journaliste de métier. Si son nom a été évoqué c’est que des rumeurs circulent à l’effet que les membres de sélection du Nobel littéraire voudraient cette année faire une cassure. Kapuściński n’est ni romancier, ni dramaturge, ni poète : c’est un journaliste, fasciné et spécialisé dans l’Afrique qui a écrit quelques livres que l’on pourrait qualifier de livres hybrides, sans genre défini. Plutôt que de faire dans la chronique journalistique, Kapuściński a choisi de rapporter ses expériences de voyages en tant que journaliste dans des livres où se mêlent accents romanesques, carnets de voyage, carnets d’observation, chronique, autobiographie. Ses livres ont tous été salués par la critique littéraire et récompensés par plusieurs prix prestigieux. En cela, Kapuściński appartient à la sphère littéraire et l’Académie pourrait créer un précédent en le choisissant. Le problème est que ce choix soulèverait un débat majeur et serait controversé, non pas parce que son œuvre n’est pas valable, mais bien parce qu’elle est relativement jeune et surtout difficile à cerner. Pour ma part, même si j’aime ses livres, je ne sais pas où je me situerais dans le débat. J’y réfléchirai davantage si Kapuściński remporte le prix.

Powerslave
11/10/2005, 17h11
Paul Martin, Gérald Tremblay et Jean-Paul L'Allier n'ont pas de Prix Nobel pour tout ce qu'ils accomplissent... en-dehors de leur territoire?

Bon, ben, finalement, ça vaut pas grand chose ces Prix-là!

Jacob
11/10/2005, 17h11
Pour ce qui est du Nobel de littérature.

Je doute fort que l'Académie récompense cette année un poète. Les oeuvres poétiques n'ont généralement pas la cote auprès du grand public. L'objectif de l'Académie Nobel n'est certes pas d'assurer la diffusion des oeuvres de qualité au Grand public, mais il ne faut pas nier que les décisions du jury ont souvent été dictées, outre par des critères esthétiques (et par les goûts personnels des membres du jury, tous des critiques littéraires donc par définition incapables -- moi le premier -- de faire fi de leurs coups de coeur), par des considérations socio-politiques. Nobel croyait que la littérature avait un rôle à jouer dans les bouleversements sociaux. Pour cette raison, jamais un écrivain politiquement controversé ne se méritera le Prix Nobel. D'un point de vue qualitatif, et si on se fie à plusieurs critères mis de l'avant par l'Académie, Céline aurait pu l'avoir, mais ça lui était impossible par ses positions politiques. Borges a failli l'avoir jusqu'à ce qu'à son soudain rapprochement avec Pinochet. Aussi, les périodes où on attribue à des poètes le Nobel de littérature sont généralement des épisodes de relative accalmie sur le plan de la politique internationale. Autrement, le roman et plus rarement le théâtre (le dernier je crois était Daro Fo) deviennent les genres de prédilection.

Donc, le prix étant de toute évidence incliné à gauche depuis plusieurs années, je crois que le jury portera son choix vers un écrivain américain, d'autant plus qu'ils doivent racheter le ratage de l'année dernière en choisissant un écrivain déjà vastement consacré dans le champ littéraire. Elfriede Jelinek était un choix pathétique, vraiment contestable. Il s'agit d'une auteure mineure, inintéressante dont la bibliographie ne fait pas office d'oeuvre complète, figée, vaste et innovatrice mais ressemble plutôt à un ensemble flou, disparate, mal foutu et incohérent, sans parler du manque flagrant d'innovation formelle. Pour se rattraper, le jury choisira probablement un nom mjeur, ce qui porte à croire que l'un des deux noms évoqués ces temps-ci, Philip Roth ou Joyce Carol Oates, sera le lauréat 2005.

Sur ce coup là (Jelinek), j'aurais du t'écouter, mais j'aime faire mes propres erreurs :D. Enfin, je ne regrette pas, mais bon ... j'ai bien aimé la relation mère-fille dans La Pianiste.

Ma prédiction: Roth. Ma préférence: Joyce Carol Oates.

Quelques autres noms ont aussi été évoqués et qui ne sont pas à négliger, surtout en sachant que l'Académie aime bien créer un effet de surprise et déjouer les attentes.

- Margaret Atwood: Je doute quelle gagne, mais j'en serais heureux. Jamais un Canadien n'a remporté le Prix Nobel de littérature et si je souhaite que cela se produise ce n'est pas par chauvinisme, mais bien parce que cela permettrait de porter l'attention un peu plus sur la scène littéraire canadienne, qui enfante de plus en plus de grandes œuvres. Elle est désormais mieux positionnée et de plus grande qualité que plusieurs grandes littératures aujourd'hui sur le déclin (je pense à la France, qui n'est pas prête de revoir un de ses écrivains couronné par le Nobel, à moins qu'il ne s'agisse, comme Gao Xingjian, d'un écrivain migrant. ). Atwood est une grande écrivaine et mériterait le prix. Pourquoi ne l'aura-t-elle probablement pas? Il ne se passe aucun bouleversement au Canada, désormais terre des avant-gardes sociales.

- Mario Vargas Llosa: Il pourrait gagner. Son oeuvre est de qualité et c'est un écrivain bien ancré dans sa société et son époque. Selon moi, il ne sera pas le lauréat de cette année simplement parce que le choix de le récompenser serait entouré de polémique et de contestations, comme chaque fois que le Nobel a voulu récompenser un écrivain dont les oeuvres sont empreintes de cynisme et d'ironie (retour entre autres, à Dari Fo).

- Ryszard Kapuściński: Son nom a été évoqué. Kapuściński est un écrivain polonais, journaliste de métier. Si son nom a été évoqué c’est que des rumeurs circulent à l’effet que les membres de sélection du Nobel littéraire voudraient cette année faire une cassure. Kapuściński n’est ni romancier, ni dramaturge, ni poète : c’est un journaliste, fasciné et spécialisé dans l’Afrique qui a écrit quelques livres que l’on pourrait qualifier de livres hybrides, sans genre défini. Plutôt que de faire dans la chronique journalistique, Kapuściński a choisi de rapporter ses expériences de voyages en tant que journaliste dans des livres où se mêlent accents romanesques, carnets de voyage, carnets d’observation, chronique, autobiographie. Ses livres ont tous été salués par la critique littéraire et récompensés par plusieurs prix prestigieux. En cela, Kapuściński appartient à la sphère littéraire et l’Académie pourrait créer un précédent en le choisissant. Le problème est que ce choix soulèverait un débat majeur et serait controversé, non pas parce que son œuvre n’est pas valable, mais bien parce qu’elle est relativement jeune et surtout difficile à cerner. Pour ma part, même si j’aime ses livres, je ne sais pas où je me situerais dans le débat. J’y réfléchirai davantage si Kapuściński remporte le prix.

Et Roth et Oates ? T'en penses quoi ?

Peut-être Pennac pourrait-il éventuellement sans doute être cité pour le nobel de littérature possiblement dans l'absolu ?? Ou c'est pas assez ... "sérieux" ? On nobelise les poètes alors pourquoi les pas auteurs plus "léger" ?

schnockelloch
11/10/2005, 19h11
Pourtant Sartre a eu le prix Nobel
Certes il l'a refusé mais quand même il était politiquement controversé, de même que Camus a un degré moindre. Ou alors ton propos n'incluait que les écrivains dits "de droite" ?

Au fait penses tu que Churchill le méritait ?

Glandu
11/10/2005, 19h30
Pourtant Sartre a eu le prix Nobel
Certes il l'a refusé mais quand même il était politiquement controversé, de même que Camus a un degré moindre. Ou alors ton propos n'incluait que les écrivains dits "de droite" ?

Au fait penses tu que Churchill le méritait ?
Ceux qui ont attribué le prix à Sarte ont dit l'avoir regretté par la suite et ils ont délcaré que c'était une erreur, et pas seulement parce que Sartre l'a refusé.

Et de même que ceux qui l'ont attribué à Neruda,malgré ses positions communistes.

Mais généralement, en effet, controverse signifie controverse à droite. Car on ne peut le nier (et eux non plus): depuis le début le jury du prix Nobel de littérature est toujours clairement de gauche.

Je ne peux pas juger pour Churchill. Si ce qu'il a écrit n'a aucune valeur littéraire (et ce n'est pas une notion subjective contrairement à ce que plusieurs croient) et qu'on lui a attribué le prix seulement pour la valeur politique, alors je me dirais contre. Mais voilà, je n'ai jamais lu Churchill. Je me suis depuis longtemps promis de le faire, mais je n'ai pas encore eu le temps.

schnockelloch
12/10/2005, 03h06
Tiens j'ai une autre question en passant.
J'avoue ne connaitre un petit peu que l'oeuvre de 4 prix nobel (Sartre, Camus, Böll et mon petit chouchou qu'est Hermann Hesse).

Tu parles de controverse à gauche mais pourtant le jury l'a aussi attribué à Pasternak ou bien Soljenytsine (cela s'écrit comment nom de Dieu?). Suis je le seul à penser que Soljenytsine est un écrivain médiocre et qu'il doit plus sa renommée à son engagement politique ou bien suis-je totalement dans les chous ?

schnockelloch
13/10/2005, 08h40
Eh bien il fallait chercher dans le théatre cette année

Harold Pinter, prix Nobel de littérature

STOCKHOLM (AP) - Le Britannique Harold Pinter a remporté jeudi le prix Nobel de littérature 2005.

"Le prix Nobel de littérature est attribué à l'écrivain anglais Harold Pinter qui, dans ses drames, découvre l'abîme sous les bavardages et se force un passage dans la pièce close de l'oppression", précise dans un communiqué l'Académie suédoise.

Le dramaturge ne faisait pas partie des noms régulièrement cités dans les pronostics, comme les Américains Philip Roth et Joyce Carol Oates, la Canadienne Margaret Atwood et le Somalien Nuruddin Farah.

Harold Pinter, qui est âgé de 75 ans, a débuté sa carrière comme dramaturge avec "La Chambre" en 1957. Mais sa consécration définitive viendra avec "Le Gardien" (1959), qui sera notamment suivi de la pièce "Le Retour" (1964).

"Pinter ramène le théâtre à sa base élémentaire, la pièce close et le dialogue imprévisible, où les êtres sont livrés les uns aux autres et où le déguisement se brise. Avec un minimum dintrigue, le drame surgit de la lutte et du cache-cache dans la confrontation verbale", explique l'Académie suédoise.

Il est généralement considéré comme le représentant le plus éminent du théâtre dramatique anglais de la seconde moitié du vingtième siècle. Sa position en tant que classique moderne est illustrée par la création à partir de son nom dun adjectif qui décrit une forme datmosphère et de milieu particulière dans les pièces de théâtre: "pinteresque".

En plus du théâtre, il a également écrit pour le cinéma. Parmi ses scénarios de films les plus connus, figurent notamment "The Servant" de Joseph Losey, "Accident" ou "Le Messager".

Fils d'un tailleur juif, Harold Pinter est né à Londres le 10 octobre 1930. Il a raconté que son exposition à l'antisémitisme dans sa jeunesse avait été déterminante pour se formation de dramaturge. Les bombardements sur Londres pendant la seconde guerre mondiale l'avait également profondément affecté. AP

Pour avoir vu "le messager" il y a des années et n'avoir lu aucune ligne de lui, ni vu aucune de ses pièces je laisserai notre expert donner son opinion et m'abstiendrait de commentaires inopportuns

Jacob
13/10/2005, 09h55
http://nobelprize.org/literature/laureates/2005/pinter.jp

Voila l'homme ...

Glandu
14/10/2005, 10h39
Eh bien il fallait chercher dans le théatre cette année



Pour avoir vu "le messager" il y a des années et n'avoir lu aucune ligne de lui, ni vu aucune de ses pièces je laisserai notre expert donner son opinion et m'abstiendrait de commentaires inopportuns
Je n'ai vu aucune de ces pièces montée au théâtre, mais j'en ai lu plusieurs. Pinter est probablement l'un des plus grands dramaturges vivants. Il a su donner au théâtre une forme nouvelle, plus actuelle et il a tenté de lui faire subir la même révolution formelle que celle qui aura modifié le roman (révolution qui prône un retour aux formes classiques...chose parfois dure à faire passer chez les éditeurs, surtout ici et en France). C'est du bon théâtre. Ses sécnarios de films par contre sont très moyens (sauf peut-être Reunion

Mérite--t-il Le prix Nobel selon moi? Oui...dans l'absolu. Mais je crois que, surtout par les temps qui courent, d'autres candidats auraient pu l'avoir avant.

Qu'attend-on pour couronner enfin les Salman Rushdie, Farah Nuruddin, ou même Philip Roth...justement ou Antoine Volodine (je l'avais oublié au début de cette discussion...ce serait lui qui pourrait ramener le prix en France). Et du côté des asiatiques? Gao Er Tai, Xiao Xiao.