Ouimster
12/09/2005, 20h44
http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/article_complet.php?path=/actualites/article/11/1,63,0,092005,1159828.php#haut
L'univers de la meth
Richard Hétu
La Presse
Harrisburg, Illinois
Certains qualifient cette nouvelle drogue de fléau, d'épidémie. Un diagnostic exagéré? Le fait est que 12 millions d'Américains ont déjà consommé au moins une fois de la méthamphétamine et que sa popularité va croissant. Notamment en Illinois, où un juge a créé un tribunal ad hoc pour offrir une autre solution que la prison aux usagers et aux producteurs. Suite et fin de notre dossier sur la meth, cette rongeuse de dents devenue le principal problème dans la lutte contre la drogue aux États-Unis.
Le juge Brocton Lockwood n'avait jamais vu pareil énergumène ou entendu une histoire semblable à la cour de Harrisburg, siège du comté de Saline, dans le sud de l'Illinois, au pays des hillbillies.
«L'accusé avait un prénom approprié, Joe Bob», raconte le juge de 61 ans, sourire en coin.
Aussi:
Une victime se confie
Les ravages
La Méthamphétamine en région
Mécanicien, marié et père de deux enfants, Joe Bob ne payait pas de mine, assis à côté de son avocat. Maigre à l'os, il avait les yeux exorbités et les dents à moitié pourries.
Le procureur de l'État appela à la barre des témoins un policier, qui raconta les circonstances de l'arrestation de Joe Bob. Ce jour-là, l'homme roulait à 75 km/h au volant d'une camionnette qui tirait un chiot au bout d'une chaîne.
Alerté par un citoyen, le policier retrouva peu après la camionnette, le conducteur et le chiot, tous arrêtés sur le bord de la route. Le chiot avait les pattes ensanglantées, mais il était toujours en vie. Le conducteur, lui, était toujours dans sa camionnette.
Publicité
Le policier s'approcha du véhicule, puis tapa sur la vitre de la portière du conducteur. Celui-ci l'ignora, étant occupé à une tâche très douloureuse.
«Pouviez-vous voir ce que l'accusé faisait? demanda le procureur au policier, lors de la première comparution de Joe Bob.
- Oui, répondit le policier. Il était en train de s'arracher une dent avec une paire de pinces.»
Le juge Lockwood se souvient d'avoir pensé: «Voilà un hillbilly (un habitant) pas mal ivrogne!»
L'anecdote remonte à 2000. Au fil des mois qui suivirent, le juge comprit que Joe Bob ne souffrait pas d'alcoolisme, mais de dépendance à la méthamphétamine.
«L'extrême maigreur, la mauvaise dentition, le comportement délirant, tout ça nous disait que Joe Bob était accro à la meth. Mais nous ne connaissions pas encore cette drogue.»
Une épidémie
Depuis, le juge Lockwood et le comté de Saline ont fait plus ample connaissance avec la meth, le nom le plus couramment utilisé aux États-Unis pour parler de la méthamphétamine. Du jour au lendemain, ce speed surpuissant est devenu la drogue de choix dans ce coin rural de l'Illinois, situé à la frontière du Kentucky et du Missouri. «Nous avions autrefois un problème de cocaïne», dit Jeff Thompson, psychologue de formation qui travaille dans le milieu carcéral depuis 19 ans. «Quand la meth est arrivée dans le comté, la cocaïne a disparu. La meth coûte moins cher, dure plus longtemps, et on peut la fabriquer soi-même.»
Et le cercle de ses adeptes semble toujours aller en s'élargissant, à Saline comme dans plusieurs autres comtés de l'Illinois, l'État le plus populeux du Midwest. L'an dernier, les policiers de l'Illinois ont saisi un total de 332 155 grammes de méthamphétamine, une augmentation de 57 % par rapport à 2003. Ils ont effectué des descentes dans 959 laboratoires de meth, comparativement à deux douzaines en 1997.
«La méthamphétamine est une épidémie qui n'est pas unique à ce quartier, c'est un défi à la grandeur de l'Illinois et de notre pays», a dit le gouverneur de l'État, Rod Blagojevich, le 17 août dernier, dans un laboratoire de méthamphétamine à Evansville, dans l'ouest de l'Illinois.
«C'est une drogue qui détruit ceux qui la consomment, leurs familles et parfois des communautés entières.»
Ce jour-là, le gouverneur Blagojevich a sanctionné une loi criminalisant un plus grand nombre d'activités reliées à la fabrication et à la consommation de la méthamphétamine. Il n'est cependant pas allé aussi loin que son collègue de l'Oregon, Ted Kulongoski, dont l'État est devenu le premier aux États-Unis à exiger une ordonnance pour l'achat de médicaments courants contre le rhume qui contiennent de la pseudoéphédrine.
La pseudoéphédrine est un ingrédient clé utilisé dans la fabrication de la méthamphétamine. Plusieurs autres États ont des restrictions moins sévères que celles de l'Oregon concernant la vente de pseudoéphédrine.
D'ouest en est
Qualifiée de «cocaïne des pauvres» par le gouverneur Blagojevich, la méthamphétamine n'est pas une drogue nouvelle aux États-Unis. Elle fait des ravages depuis plusieurs années sur la côte Ouest, de l'État de Washington à la Californie.
Depuis quelques années, cependant, la meth se répand vers l'Est, gagnant des adeptes dans les États des grandes plaines, du Sud et du Midwest. Elle est particulièrement populaire dans les régions rurales, où les ingrédients de base pour la fabriquer se trouvent facilement, tels que l'iode, le phosphate et un engrais très utilisé dans la production du blé et d'autres récoltes.
Son usage se propage également dans les zones urbaines et suburbaines. Dans une ville comme New York, certains membres de la communauté gaie la consomment lors de marathons de danse ou de baise.
Aussi, sur la place publique, la méthamphétamine est-elle devenue la «drogue la plus dangereuse de l'Amérique», pour reprendre le titre d'un reportage récent de l'hebdomadaire Newsweek.
La manchette de la revue faisait référence à une étude réalisée auprès de la police aux États-Unis. Pour 58 % des policiers interrogés dans 45 États, la méthamphétamine est la drogue qui cause le plus de problèmes. La cocaïne arrive en deuxième position (19 %), suivie de la marijuana (17 %) et de l'héroïne (3 %).
L'étude a été commandée et rendue publique en juillet par l'Association nationale des comtés, qui exhorte l'administration Bush à mettre autant d'énergie à lutter contre la méthamphétamine qu'elle en met à lutter contre la marijuana.
Or, l'administration Bush continue à considérer la marijuana comme la drogue la plus dangereuse, estimant qu'elle ouvre la porte à l'usage d'autres drogues. Ainsi, au cours des dernières années, elle a mené une grande campagne médiatique contre le pot.
Un tribunal ad hoc
Le juge Brocton Lockwood s'est moqué de cette stratégie lors d'une entrevue au centre de détention de Harrisburg.
«J'aimerais bien que la marijuana soit notre plus gros problème, dit cet homme de taille moyenne à l'allure militaire. Honnêtement, la méthamphétamine est la drogue la plus puissante que nous ayons connue. On dit que le premier high est le meilleur. On le compare à 10 orgasmes en même temps. Je n'ai jamais eu 10 orgasmes en même temps, mais je peux concevoir que ça puisse sembler un bon deal.» Dans le comté de Saline, la méthamphétamine a commencé à trouver des adeptes chez les adultes, ceux qui travaillent dans les mines de charbon, les usines d'assemblage et les compagnies de camionnage, entre autres. Plus récemment, elle a commencé à faire des ravages chez les plus jeunes. Le résultat fait peur au juge Lockwood.
«Les tribunaux, les prisons, les services sociaux, tous sont débordés par le problème de la meth, dit-il. Tout le monde connaît quelqu'un qui en consomme. Nous ne réglerons pas ce problème en arrêtant les gens. Aussitôt qu'ils retournent à la rue, ils recommencent à consommer.»
Ce constat a mené le juge à mettre sur pied, en mai 2004, un tribunal spécial, dit drug court, qui offre une autre solution que l'emprisonnement à ceux qui sont reconnus coupables de possession ou de fabrication de meth.
Le programme du juge Lockwood condamne les participants à un séjour minimal de 28 jours dans un centre de réadaptation pour toxicomanes. Ensuite, les participants retrouvent leur liberté, mais à certaines conditions. Ils doivent notamment s'engager, pour une période de 30 mois, à faire tester leur urine trois fois par semaine et à rencontrer le juge une fois par semaine. Si un participant échoue à un test ou rate un rendez-vous, il peut être renvoyé au centre de réadaptation ou écoper de 180 jours de prison.
Vingt-deux personnes sont présentement inscrites à ce programme. Jeff Thompson, qui l'administre, est encouragé par les résultats des 15 derniers mois.
«J'ai effectué 1200 tests de dépistage depuis mai 2004, et seulement neuf ont donné des résultats positifs, et pas tous pour la meth. Nous tenons nos clients occupés, nous les forçons à se trouver du travail, à fréquenter les AA ou d'autres groupes du genre. La rencontre hebdomadaire avec le juge devient très importante pour eux. Le juge s'intéresse à leur vie. Bref, nous prouvons que la meth n'est pas une condamnation à mort.»
LES DENTS DE LA METH
La photo de la bouche d'un accro à la méthamphétamine n'est souvent pas belle à voir. Généralement, elle montre un paquet de dents pourries. Le phénomène s'explique en grande partie par la mauvaise hygiène des gros consommateurs de meth . Sous l'effet de cette drogue, ils oublient de se brosser les dents ou d'aller à leurs rendez-vous chez le dentiste. Ils ressentent également une soif intense, qu'ils ont tendance à vouloir étancher avec du Mountain Dew, la plus sucrée des boissons gazeuses. D'où les caries et les gingivites.
CRIE-T-ON AU LOUP ?
Depuis que l'hebdomadaire Newsweek a publié son reportage alarmant sur la méthamphétamine, Jack Shafer, critique des médias pour le magazine Internet Slate, accuse ses collègues américains de crier au loup à propos de cette drogue. Selon lui, la meth n'est pas plus une «épidémie» ou un «fléau» que le crack ne l'était dans les années 80. Que disent les données officielles ? Selon les calculs du gouvernement fédéral, 12 millions d'Américains ont consommé au moins une fois de la méthamphétamine et 1,5 million d'entre eux en consomment régulièrement. À titre comparatif, le gouvernement estime que le nombre d'héroïnomanes se situe entre 750000 et un million.
C'est triste à voir et à lire... :depressed
EDIT... Les Zombies existent dont....
L'univers de la meth
Richard Hétu
La Presse
Harrisburg, Illinois
Certains qualifient cette nouvelle drogue de fléau, d'épidémie. Un diagnostic exagéré? Le fait est que 12 millions d'Américains ont déjà consommé au moins une fois de la méthamphétamine et que sa popularité va croissant. Notamment en Illinois, où un juge a créé un tribunal ad hoc pour offrir une autre solution que la prison aux usagers et aux producteurs. Suite et fin de notre dossier sur la meth, cette rongeuse de dents devenue le principal problème dans la lutte contre la drogue aux États-Unis.
Le juge Brocton Lockwood n'avait jamais vu pareil énergumène ou entendu une histoire semblable à la cour de Harrisburg, siège du comté de Saline, dans le sud de l'Illinois, au pays des hillbillies.
«L'accusé avait un prénom approprié, Joe Bob», raconte le juge de 61 ans, sourire en coin.
Aussi:
Une victime se confie
Les ravages
La Méthamphétamine en région
Mécanicien, marié et père de deux enfants, Joe Bob ne payait pas de mine, assis à côté de son avocat. Maigre à l'os, il avait les yeux exorbités et les dents à moitié pourries.
Le procureur de l'État appela à la barre des témoins un policier, qui raconta les circonstances de l'arrestation de Joe Bob. Ce jour-là, l'homme roulait à 75 km/h au volant d'une camionnette qui tirait un chiot au bout d'une chaîne.
Alerté par un citoyen, le policier retrouva peu après la camionnette, le conducteur et le chiot, tous arrêtés sur le bord de la route. Le chiot avait les pattes ensanglantées, mais il était toujours en vie. Le conducteur, lui, était toujours dans sa camionnette.
Publicité
Le policier s'approcha du véhicule, puis tapa sur la vitre de la portière du conducteur. Celui-ci l'ignora, étant occupé à une tâche très douloureuse.
«Pouviez-vous voir ce que l'accusé faisait? demanda le procureur au policier, lors de la première comparution de Joe Bob.
- Oui, répondit le policier. Il était en train de s'arracher une dent avec une paire de pinces.»
Le juge Lockwood se souvient d'avoir pensé: «Voilà un hillbilly (un habitant) pas mal ivrogne!»
L'anecdote remonte à 2000. Au fil des mois qui suivirent, le juge comprit que Joe Bob ne souffrait pas d'alcoolisme, mais de dépendance à la méthamphétamine.
«L'extrême maigreur, la mauvaise dentition, le comportement délirant, tout ça nous disait que Joe Bob était accro à la meth. Mais nous ne connaissions pas encore cette drogue.»
Une épidémie
Depuis, le juge Lockwood et le comté de Saline ont fait plus ample connaissance avec la meth, le nom le plus couramment utilisé aux États-Unis pour parler de la méthamphétamine. Du jour au lendemain, ce speed surpuissant est devenu la drogue de choix dans ce coin rural de l'Illinois, situé à la frontière du Kentucky et du Missouri. «Nous avions autrefois un problème de cocaïne», dit Jeff Thompson, psychologue de formation qui travaille dans le milieu carcéral depuis 19 ans. «Quand la meth est arrivée dans le comté, la cocaïne a disparu. La meth coûte moins cher, dure plus longtemps, et on peut la fabriquer soi-même.»
Et le cercle de ses adeptes semble toujours aller en s'élargissant, à Saline comme dans plusieurs autres comtés de l'Illinois, l'État le plus populeux du Midwest. L'an dernier, les policiers de l'Illinois ont saisi un total de 332 155 grammes de méthamphétamine, une augmentation de 57 % par rapport à 2003. Ils ont effectué des descentes dans 959 laboratoires de meth, comparativement à deux douzaines en 1997.
«La méthamphétamine est une épidémie qui n'est pas unique à ce quartier, c'est un défi à la grandeur de l'Illinois et de notre pays», a dit le gouverneur de l'État, Rod Blagojevich, le 17 août dernier, dans un laboratoire de méthamphétamine à Evansville, dans l'ouest de l'Illinois.
«C'est une drogue qui détruit ceux qui la consomment, leurs familles et parfois des communautés entières.»
Ce jour-là, le gouverneur Blagojevich a sanctionné une loi criminalisant un plus grand nombre d'activités reliées à la fabrication et à la consommation de la méthamphétamine. Il n'est cependant pas allé aussi loin que son collègue de l'Oregon, Ted Kulongoski, dont l'État est devenu le premier aux États-Unis à exiger une ordonnance pour l'achat de médicaments courants contre le rhume qui contiennent de la pseudoéphédrine.
La pseudoéphédrine est un ingrédient clé utilisé dans la fabrication de la méthamphétamine. Plusieurs autres États ont des restrictions moins sévères que celles de l'Oregon concernant la vente de pseudoéphédrine.
D'ouest en est
Qualifiée de «cocaïne des pauvres» par le gouverneur Blagojevich, la méthamphétamine n'est pas une drogue nouvelle aux États-Unis. Elle fait des ravages depuis plusieurs années sur la côte Ouest, de l'État de Washington à la Californie.
Depuis quelques années, cependant, la meth se répand vers l'Est, gagnant des adeptes dans les États des grandes plaines, du Sud et du Midwest. Elle est particulièrement populaire dans les régions rurales, où les ingrédients de base pour la fabriquer se trouvent facilement, tels que l'iode, le phosphate et un engrais très utilisé dans la production du blé et d'autres récoltes.
Son usage se propage également dans les zones urbaines et suburbaines. Dans une ville comme New York, certains membres de la communauté gaie la consomment lors de marathons de danse ou de baise.
Aussi, sur la place publique, la méthamphétamine est-elle devenue la «drogue la plus dangereuse de l'Amérique», pour reprendre le titre d'un reportage récent de l'hebdomadaire Newsweek.
La manchette de la revue faisait référence à une étude réalisée auprès de la police aux États-Unis. Pour 58 % des policiers interrogés dans 45 États, la méthamphétamine est la drogue qui cause le plus de problèmes. La cocaïne arrive en deuxième position (19 %), suivie de la marijuana (17 %) et de l'héroïne (3 %).
L'étude a été commandée et rendue publique en juillet par l'Association nationale des comtés, qui exhorte l'administration Bush à mettre autant d'énergie à lutter contre la méthamphétamine qu'elle en met à lutter contre la marijuana.
Or, l'administration Bush continue à considérer la marijuana comme la drogue la plus dangereuse, estimant qu'elle ouvre la porte à l'usage d'autres drogues. Ainsi, au cours des dernières années, elle a mené une grande campagne médiatique contre le pot.
Un tribunal ad hoc
Le juge Brocton Lockwood s'est moqué de cette stratégie lors d'une entrevue au centre de détention de Harrisburg.
«J'aimerais bien que la marijuana soit notre plus gros problème, dit cet homme de taille moyenne à l'allure militaire. Honnêtement, la méthamphétamine est la drogue la plus puissante que nous ayons connue. On dit que le premier high est le meilleur. On le compare à 10 orgasmes en même temps. Je n'ai jamais eu 10 orgasmes en même temps, mais je peux concevoir que ça puisse sembler un bon deal.» Dans le comté de Saline, la méthamphétamine a commencé à trouver des adeptes chez les adultes, ceux qui travaillent dans les mines de charbon, les usines d'assemblage et les compagnies de camionnage, entre autres. Plus récemment, elle a commencé à faire des ravages chez les plus jeunes. Le résultat fait peur au juge Lockwood.
«Les tribunaux, les prisons, les services sociaux, tous sont débordés par le problème de la meth, dit-il. Tout le monde connaît quelqu'un qui en consomme. Nous ne réglerons pas ce problème en arrêtant les gens. Aussitôt qu'ils retournent à la rue, ils recommencent à consommer.»
Ce constat a mené le juge à mettre sur pied, en mai 2004, un tribunal spécial, dit drug court, qui offre une autre solution que l'emprisonnement à ceux qui sont reconnus coupables de possession ou de fabrication de meth.
Le programme du juge Lockwood condamne les participants à un séjour minimal de 28 jours dans un centre de réadaptation pour toxicomanes. Ensuite, les participants retrouvent leur liberté, mais à certaines conditions. Ils doivent notamment s'engager, pour une période de 30 mois, à faire tester leur urine trois fois par semaine et à rencontrer le juge une fois par semaine. Si un participant échoue à un test ou rate un rendez-vous, il peut être renvoyé au centre de réadaptation ou écoper de 180 jours de prison.
Vingt-deux personnes sont présentement inscrites à ce programme. Jeff Thompson, qui l'administre, est encouragé par les résultats des 15 derniers mois.
«J'ai effectué 1200 tests de dépistage depuis mai 2004, et seulement neuf ont donné des résultats positifs, et pas tous pour la meth. Nous tenons nos clients occupés, nous les forçons à se trouver du travail, à fréquenter les AA ou d'autres groupes du genre. La rencontre hebdomadaire avec le juge devient très importante pour eux. Le juge s'intéresse à leur vie. Bref, nous prouvons que la meth n'est pas une condamnation à mort.»
LES DENTS DE LA METH
La photo de la bouche d'un accro à la méthamphétamine n'est souvent pas belle à voir. Généralement, elle montre un paquet de dents pourries. Le phénomène s'explique en grande partie par la mauvaise hygiène des gros consommateurs de meth . Sous l'effet de cette drogue, ils oublient de se brosser les dents ou d'aller à leurs rendez-vous chez le dentiste. Ils ressentent également une soif intense, qu'ils ont tendance à vouloir étancher avec du Mountain Dew, la plus sucrée des boissons gazeuses. D'où les caries et les gingivites.
CRIE-T-ON AU LOUP ?
Depuis que l'hebdomadaire Newsweek a publié son reportage alarmant sur la méthamphétamine, Jack Shafer, critique des médias pour le magazine Internet Slate, accuse ses collègues américains de crier au loup à propos de cette drogue. Selon lui, la meth n'est pas plus une «épidémie» ou un «fléau» que le crack ne l'était dans les années 80. Que disent les données officielles ? Selon les calculs du gouvernement fédéral, 12 millions d'Américains ont consommé au moins une fois de la méthamphétamine et 1,5 million d'entre eux en consomment régulièrement. À titre comparatif, le gouvernement estime que le nombre d'héroïnomanes se situe entre 750000 et un million.
C'est triste à voir et à lire... :depressed
EDIT... Les Zombies existent dont....